Les attaques constituent une riposte à l'explosion dans la nuit de mercredi à jeudi d'une mine, posée, selon les autorités, par les membres du PKK, dans le Sud-Est turc, à Cukurca (province de Hakkari), tout près de la frontière avec l'Irak. L'explosion survenue lors du passage d'un véhicule militaire a fait six morts et huit blessés. Le PKK utilise souvent des mines, activées pour la plupart à distance, dans ses attaques contre les forces de sécurité turques. Le 29 avril dernier, neuf soldats turcs avaient perdu la vie dans une attaque similaire. Le PKK, une organisation considérée comme terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis, a lancé en 1984 une campagne armée pour obtenir l'autonomie du Sud-Est turc. Le conflit a fait 45 000 morts, selon l'armée. Les chasseurs turcs effectuent régulièrement des raids contre des cibles du PKK dans le Kurdistan irakien, où quelque 2 000 rebelles sont retranchés, selon Ankara.
Par ailleurs, une trentaine de personnes, pour la plupart des enseignants, ont été arrêtés hier à travers la Turquie lors d'une nouvelle opération des forces de sécurité visant les ramifications des rebelles kurdes au sein de la société civile, a rapporté l'agence Anatolie. Les arrestations ont été effectuées à Izmir (Uuest), Ankara, Istanbul (Nord-Ouest), Van (Est) et Manisa (Ouest), a précisé l'agence. Les perquisitions faites aux domiciles des suspects ont permis de retrouver du matériel appartenant au PKK.
Le mois dernier plusieurs dizaines de personnes, proches des milieux kurdes, avaient été arrêtées par la police, notamment dans le Sud-Est de la Turquie, peuplé majoritairement de Kurdes. Plusieurs responsables du Parti pour une société démocratique (DTP), la principale formation prokurde de Turquie, figuraient parmi ces gens. Ils sont accusés de liens avec le PKK. Le DTP, qui détient 21 des 550 sièges au Parlement turc, pourrait être interdit par la Cour constitutionnelle, qui examine actuellement ses liens éventuels avec le PKK.

