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Lifestyle - Paris

Les fantômes de la station Haxo

Jamais ouvertes, ouvertes puis fermées, ou fermées puis rouvertes, ou enfin recyclées, ou fusionnées... Une dizaine de stations du métro parisien sont dépourvues de passagers, mais pas de curiosités et encore moins d'histoire(s).

Les voyageurs du métro parisien auraient pu s'intéresser à la station de Nicolas Haxo, général oublié de l'armée républicaine qui s'illustra notamment dans la guerre de Vendée en 1794, si ladite station avait ouvert... ne fût-ce qu'un seul jour. Mais, construite en 1920 à mi-chemin entre les stations Porte des Lilas et Pré-Saint-Gervais (est de Paris), elle illustre à merveille la définition des architectes par Gustave Flaubert : « oublient toujours l'escalier des maisons ». Aucun accès ne relie en effet le quai désert d'« Haxo » vers l'extérieur. Il faut couper le courant et emprunter à pied un tunnel, pour rejoindre ce boyau souterrain, inachevé, car jugé alors « trop peu profitable ».
Le « Quai mort » de la station Porte des Lilas, voisine et dotée, elle, d'escaliers, est paradoxalement plus vivant. Ici sont tournés longs métrages, séries télé, films publicitaires, clips vidéo, sur environ 70 jours par an. Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, Diva ou Les Femmes de l'ombre, ont en partie prospéré sur le bitume de cette voie secondaire », confie à l'AFP Joël Bordes, du Service de presse de la RATP (Régie autonome des transports parisiens). « En revanche, Le dernier métro de François Truffaut ne figure pas sur la liste. »
Si « Haxo » et « Murat » n'ont jamais vu le jour, faute d'escaliers, près de la moitié du réseau fut fermé au public en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale. « Il fallait permettre au personnel d'aller se battre », explique Julian Pepinster, chargé de la protection du patrimoine de la RATP.
Ce ne fut pas perdu pour tout le monde. Les stations « Place des Fêtes » et « Maison-Blanche » - respectivement au nord et au sud de la capitale - abritaient jusqu'à 2 000 personnes chacune, la nuit, allongées sur les quais, les escaliers, et sur les voies. « Un système de ventilation permettait de filtrer l'air pollué, et 7 à 10 toilettes avaient été installées sur place. »
« À la fin de la guerre, ajoute Julian Pepinster, les économies d'énergie électrique s'imposant, le métro n'ouvrait que parcimonieusement, de 5h30 à 10h du matin, puis de 11h à 14h, un peu le soir et le samedi matin. Pas le dimanche. » Et les stations peu rentables ou trop proches d'arrêts voisins restèrent grilles closes. Comme Arsenal, Champ-de-Mars, Saint-Martin et Croix-Rouge. D'autres, comme Liège, Rennes ou Cluny attendirent des années avant d'être rouvertes. Saint-Martin, elle, s'est transformée en accueil de jour pour les sans-abri, animé par l'Armée du salut, où les plus démunis peuvent consulter un médecin, se faire couper les cheveux, prendre un café et se doucher.
En 1950, une exposition y fut organisée, pour vanter ses espaces comme support de « réclames ». Si le message « Dubo, Dubon, Dubonnet » ne défile plus dans les tunnels sous les yeux des passagers, on déniche encore dans quelques-unes des 365 stations des chefs-d'œuvre de publicité en céramique. C'était l'époque où la Javel, le jambon Olida ou la farine Maïzena, sans concurrence, pouvaient rester à l'affiche pendant des années.
Les voyageurs du métro parisien auraient pu s'intéresser à la station de Nicolas Haxo, général oublié de l'armée républicaine qui s'illustra notamment dans la guerre de Vendée en 1794, si ladite station avait ouvert... ne fût-ce qu'un seul jour. Mais, construite en 1920 à mi-chemin entre les stations Porte des Lilas et Pré-Saint-Gervais (est de Paris), elle illustre à merveille la définition des architectes par Gustave Flaubert : « oublient toujours l'escalier des maisons ». Aucun accès ne relie en effet le quai désert d'« Haxo » vers l'extérieur. Il faut couper le courant et emprunter à pied un tunnel, pour rejoindre ce boyau souterrain, inachevé, car jugé...
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