Aujourd'hui âgé de 19 ans, le jeune homme « est dans un mauvais état mental », souligne l'officier, qui le rencontre chaque mois. « Cela fait presque sept années qu'il est incarcéré. Il a tenté de se suicider en 2003. C'est une situation très difficile, mais il garde espoir, et c'est ce qui le fait tenir », ajoute l'avocat. L'avocat dénonce notamment « les mauvais traitements et la torture infligés à un jeune homme qui a passé son adolescence en prison ».
Les deux défenseurs américains de Mohammad Jawad, M. Montalvo et le capitaine Christopher Kannady, ont présenté lundi une requête devant la Cour suprême afghane lui demandant de reconnaître l'illégalité de l'extradition vers Guantanamo « d'un enfant afghan accusé à tort », indique un communiqué qu'ils ont publié avec la Commission afghane indépendante des droits de l'homme. « Nous le pensons innocent. Nous allons démontrer cela avec le procureur général afghan » au cours de la procédure, a précisé M. Montalvo, qui dit avoir « le soutien total » du ministre afghan de la Défense, le général Abdul Rahim Wardak.
Selon le communiqué, Mohammad Jawad a été arrêté en décembre 2002, accusé d'avoir lancé une grenade sur une patrouille américaine qui a blessé deux soldats et leur interprète afghan. Après un séjour dans les prisons afghanes fait de « mauvais traitements et torture » alors qu'il était âgé d' « environ 12 ans à l'époque », il avait été remis à l'armée américaine qui « l'avait transféré unilatéralement en février 2003 de la base de Bagram (la plus grande base américaine en Afghanistan) à Guantanamo, où il se trouve depuis », poursuit le document.
« M. Jawad a été continuellement privé des conditions de détention appropriées à son âge ou de toute opportunité de réhabilitation », comme l'exige la Convention des droits de l'enfant « dont les États-Unis et l'Afghanistan sont signataires », dénonce le communiqué. « La Commission afghane indépendante des droits de l'homme mène elle-même une enquête » et a réclamé le soutien du gouvernement afghan, ajoute le document.

