« Ne ratez pas cette opportunité. Vous tous venez voter et en inscrivant le nom de Mir Hossein Moussavi sur le bulletin de vote, vous accomplirez votre devoir vis-à-vis de la révolution et de l'islam et déciderez de votre destin », a déclaré M. Khatami, président de 1997 à 2005. Parmi la foule nombreuse et enthousiaste, plusieurs portaient des foulards et des écharpes de couleur verte, symbole choisi par M. Moussavi et qui est aussi la couleur de l'islam et des
« sayyed » (descendants du Prophète). « Je sais que les restrictions en matière de liberté et de la pensée ont augmenté (...) et que les ingérences durant la période électorale ont aussi augmenté pour empêcher que la volonté des gens soit matérialisée, a ajouté M. Khatami. Mais je sais que le peuple est expérimenté et éveillé. »
De son côté, M. Moussavi, soutenu par des partis réformateurs, a publié hier son programme économique qui a pour but de baisser l'inflation, renforcer le secteur privé et utiliser l'argent du pétrole pour développer l'économie. « L'inflation est la maladie chronique de l'économie iranienne (...) et les gens ont supporté une inflation de plus de 25 %, ce qui signifie qu'ils ont perdu un quart de leur pouvoir d'achat », peut-on lire dans le programme économique du « gouvernement de l'espoir », publié dans plusieurs journaux. « Il faut ramener l'inflation à un chiffre », ajoute le programme de M. Moussavi. L'argent du « pétrole ne doit pas intervenir dans la vie des gens sous forme de rente, mais en créant des emplois et des unités industrielles afin d'augmenter la production », selon le programme de M. Moussavi. Enfin, il affirme que son gouvernement donnera la priorité au secteur privé, qui « devra se préparer à prendre un rôle plus important dans la structure décisionnelle du pays ». « Le secteur privé est le grand absent de l'économie », contrôlée par l'État à plus de 80 %. « Le renforcement du secteur privé » doit intervenir « dans tous les domaines », ajoute le texte.
D'autre part, l'ancien chef des gardiens de la révolution iraniens, Mohsen Rezaï, également candidat à la présidentielle, a déclaré hier qu'il pouvait arrêter Israël avec « une frappe » et que l'État hébreu n'oserait pas menacer la République islamique d'Iran s'il était élu. « Mon gouvernement (...) sait ce que sont les missiles et les chars tout comme la politique étrangère et il connaît aussi les points sensibles d'Israël. Il peut le stopper pour toujours avec une seule frappe », a déclaré M. Rezaï. « Si le gouvernement tombe entre nos mains, Israël n'osera pas menacer l'Iran parce que les Israéliens et les Américains nous connaissent bien », a-t-il ajouté. « Notre présence au gouvernement sera une force de dissuasion », a ajouté M. Rezaï qui a été chef des gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, pendant 16 ans, notamment pendant les années de la guerre Iran-Irak (1980-88). Il a ajouté qu'il formera un gouvernement de « coalition pragmatique ».

