Dès sa descente d'avion à Tel-Aviv, Benoît XVI avait pourtant fermement condamné l'antisémitisme et le négationnisme, qu'il avait qualifiés de « répugnants ». « Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies ! » a-t-il ensuite déclaré à Yad Vashem.
Interrogé hier à la radio publique israélienne, Avner Shalev, directeur du Mémorial, a parlé de « ratages » dans le discours « important, mais froid et abstrait » du pape. Intervenant aussi à la radio, le président de la Knesset (Parlement) Reuven Rivlin a déclaré : « Je ne suis pas venu au Mémorial pour entendre un descriptif historique du pape sur les fait avérés de la Shoah, mais dans l'espoir qu'il demanderait pardon pour notre tragédie due notamment aux Allemands et à l'Église. À mon grand regret, il n'y a rien eu de tel. » M. Rivlin s'est fait représenter aux autres cérémonies officielles réservées au pape, reconnaissant son « malaise » en présence d'un ex-membre des Jeunesses hitlériennes et de la Wehrmacht qu'il a désertée en 1944.

