Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé que jusqu'à un million de personnes avaient été déplacées dans le nord-ouest du Pakistan, quittant par dizaines de milliers Buner, Lower Dir et Swat, pour se faire enregistrer dans des camps ou se réfugier chez des parents. Khushkhal Kahn, un responsable local de l'administration, a précisé que cinq camps supplémentaires ont été ouverts aux réfugiés dans la province de la Frontière du Nord-Ouest. Des élus de la région ont demandé une prolongation de la levée du couvre-feu, mais l'armée a répondu par la négative, précisant que « des mouvements des insurgés » avaient été signalés. Les autorités n'ont fourni aucun moyen de transport pour permettre l'évacuation des civils. Ils ont pris la route à bord de véhicules privés, où à pied, emportant avec eux tout ce qu'ils pouvaient, selon des témoins.
Selon un communiqué diffusé hier par l'association humanitaire Muslim Aid, basée à Londres, « cette crise menace d'être la plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire moderne du Pakistan ». Samedi, le ministre de l'Information Mian Iftikhar Hussain en a appelé à la communauté internationale pour tenter de faire face à ce déplacement massif de population. « La situation dans les camps de réfugiés est très inquiétante car il fait chaud et les gens font face à de grandes difficultés », a-t-il expliqué.
Appuyés par l'aviation, des milliers de soldats sont déployés dans la vallée de Swat, avec pour mission « d'éliminer » les combattants islamistes. Certains civils sont pris au piège des combats. L'armée a accusé les talibans de prendre « des civils innocents en otages ». D'après des témoignages de réfugiés, des civils ont été également victimes des bombardements intensifs de l'aviation pakistanaise. Samedi, le Premier ministre, Yousuf Raza Gilani, a souligné que les forces armées étaient « déterminées » à éviter au maximum les pertes civiles et à boucler l'offensive « dès que possible ».
D'autre part, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a fermement rejeté hier l'idée que l'État pakistanais risque de s'effondrer face à l'insurrection talibane, dans une interview à la chaîne américaine NBC. Il a reconnu qu'il aurait besoin de l'aide américaine pour combattre les talibans dans la vallée de Swat. De son côté, le général David Petraeus, commandant des forces américaines dans la région, a déclaré que les États-Unis ont confiance dans la sécurité de l'arsenal nucléaire pakistanais.

