La liste du Courant du futur à Beyrouth III est formée de MM. Saad Hariri, Tammam Salam, Mohammad Kabbani, Ammar Houry et Imad el-Hout (pour les sièges sunnites), Ghazi Youssef (pour le siège chiite), Ghazi Aridi (pour le siège druze), Nabil de Freige (minorités), Bassem el-Chab (protestant) et Atef Majdalani (grec-orthodoxe).
Le meeting a débuté par le discours du candidat de la Jamaa islamiya, Imad el-Hout, qui a plaidé pour « les valeurs religieuses au lieu du confessionnalisme, pour l'État des institutions au lieu des émirats formés par des communautés et des partis ». « Nous ne voulons plus désormais nous aligner sur des axes ou nous laisser entraîner dans des conflits internes, a déclaré M. Hout. Nous ne voulons plus d'agressions sectaires. Nous voulons que Beyrouth soit la capitale de tous, qui accueille tous les fils de la patrie, par notre décision à nous et non pas sur base d'une décision qui nous est imposée. Le 7 juin nous permettra de réaffirmer notre choix clair qui est celui de l'application de Taëf, tel qu'il est, sans qu'il ne soit remplacé par un autre accord. Notre choix est de faire partie d'une unité arabe, plutôt que d'être partie prenante dans une politique des axes ou d'être soumis à une tutelle d'ici ou de là. »
Le ministre de la Culture, Tammam Salam, a pris ensuite la parole pour plaider en faveur de « l'indépendance sans tutelle, pour l'État de Taëf et non pas celui des communautés ». M. Salam s'est en outre prononcé contre « la politique des axes ».
Pour sa part, le ministre des Travaux publics et du Transport, Ghazi Aridi, a évoqué la vocation de Beyrouth, « capitale du savoir, de la culture, de la pensée, du développement, de l'éducation et du livre ».
L'intervention de Hariri
Dernier à prendre la parole, M. Saad Hariri a commencé par évoquer « la première commémoration de cette journée funeste, lorsque la démence a cru pouvoir envahir Beyrouth, la capitale arabe qui s'est cependant opposée à cette démence par la sagesse, l'ouverture et le patriotisme » (allusion à l'attaque perpétrée le 7 mai 2008 par le Hezbollah et des miliciens prosyriens contre Beyrouth-Ouest).
M. Hariri a d'autre part souligné que lorsque « tout le pays était soumis à la tutelle (syrienne) et que tous les Libanais avaient perdu espoir en l'édification de l'État, Rafic Hariri élaborait des plans pour reconstruire, pour relancer l'économie, réédifier l'État, créer des possibilités de travail et édifier des institutions ». Après avoir réaffirmé que le Courant du futur « ne tombera jamais dans le piège de la confrontation armée et de la guerre civile », M. Hariri a déclaré : « Dès le premier instant, nous avons compris que la démence de l'an dernier (l'attaque du Hezbollah) était un piège pour nous entraîner sur la voie de la guerre civile, dans le but de nous contraindre à dépasser Taëf pour déboucher sur la troisième République qu'ils utilisent comme paravent pour promouvoir la République des trois tiers (dans le partage du pouvoir entre chrétiens, sunnites et chiites). Nous rejetons la République des trois tiers. Nous sommes favorables à la République de la parité (islamo-chrétienne) permanente, la République de la coexistence entre chrétiens et musulmans, indépendamment du facteur du nombre (le facteur de l'évolution démographique entre chrétiens et musulmans). »
Abordant le dossier du Tribunal spécial pour le Liban, M. Hariri a souligné que dès le départ « le peuple libanais a accusé politiquement le régime syrien ». « Cette accusation, a-t-il précisé, n'est pas venue du néant. Nul n'ignore qu'avant d'être assassiné, Rafic Hariri a été menacé par des personnes bien connues au plus haut niveau du régime de tutelle, de même qu'il a été accusé de traîtrise. » Évoquant la position du Hezbollah qui s'est interrogé sur le fait de savoir pourquoi le tribunal international n'envisage pas une piste israélienne dans l'assassinat de Rafic Hariri, le chef du Courant du futur a relevé à ce sujet que le Hezbollah et le camp syrien « n'ont épargné aucun effort pour entraver l'enquête et la formation du tribunal international ».


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