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Un an après les violents affrontements au Liban, les craintes demeurent

Un an après des combats qui ont failli plonger le Liban dans une nouvelle guerre civile, de nombreux Libanais craignent une reprise des violences à un mois de législatives cruciales.

"Les événements de mai 2008 sont encore très présents dans les mémoires", affirme à l'AFP Paul Salem, directeur du Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

Selon lui, le coup de force du Hezbollah dans des quartiers du secteur ouest de Beyrouth pourrait influer sur les résultats des législatives du 7 juin, sans constituer toutefois un facteur déterminant.

"Les gens ne seront pas forcés de voter sous la menace des armes du Hezbollah, mais ils sont très influencés par ce qui s'est passé en mai. C'est encore très présent dans les esprits", souligne-t-il.

Les évènements du 7 mai 2008 ont été déclenchés après que le gouvernement d'alors eut décidé d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche du Hezb.

Les affrontements ont fait des dizaines de morts, avant la signature d'un accord sous l'égide du Qatar, à Doha, qui a mis fin à une crise politique et abouti à la formation du gouvernement d'union nationale dans lequel le Hezbollah et ses alliés ont obtenu un droit de veto.

Plusieurs habitants interviewés dans les zones de combats affirment que même si la situation est relativement stable avant les législatives, ils craignent pour la période post-électorale.

"Je suis surpris que tout le monde continue de dire que c'est calme", dit Ali Saad, propriétaire d'un café de la rue commerçante de Hamra, où ont eu lieu une partie des affrontements.

"Dans la rue, c'est calme. Mais la tension est là et dans leur for intérieur, les gens ont peur", ajoute-t-il. "Que Dieu nous protège. Qui sait ce qui nous est réservé après les élections".

Le 7 juin prochain, le Hezbollah et ses alliés, soutenus par la Syrie et l'Iran et dont le succès aux législatives n'est pas exclu, vont affronter la majorité parlementaire, appuyée par les États-Unis et l'Arabie saoudite.

Certains analystes écartent une reprise des violences avant les élections, estimant que les adversaires du Hezbollah ont compris après les combats de mai 2008 qu'il ne fallait plus le provoquer.

"Sans être cynique, on peut dire que le résultat des affrontements a été qu'un parti militaire a pu pratiquement éliminer ses deux adversaires", affirme Fawaz Traboulsi, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth, en référence au parti de Saad Hariri et celui de son allié Walid Joumblatt.

"Je ne crois pas que nous soyons à la veille d'évènements graves ou de confrontations militaires à long terme, autrement dit, d'une guerre civile", dit-il. Selon lui, "la peur est plus psychologique que réelle".

L'analyste n'écarte toutefois pas de nouveaux assassinats politiques similaires à ceux qui avaient secoué le pays depuis le meurtre en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, pour lequel la Syrie est suspectée mais nie toute implication.

"Les assassinats sont une éventualité qui ne peut être écartée dans le Liban d'aujourd'hui", souligne-t-il.

Malgré le calme apparent, beaucoup de Libanais témoins des évènements de mai 2008 estiment que les affrontements peuvent reprendre à tout moment.

"L'année dernière, c'était calme aussi. Et regardez ce qui s'est passé", lâche le responsable d'un parking sous le couvert de l'anonymat.

Selon lui, le coup de force du Hezbollah dans des quartiers du secteur ouest de Beyrouth pourrait influer sur les résultats des législatives du 7 juin, sans constituer toutefois un facteur déterminant.
"Les gens ne seront pas forcés de voter sous la menace des armes du Hezbollah, mais ils sont très influencés par ce qui s'est passé en mai. C'est encore très présent dans les esprits", souligne-t-il.
Les évènements du 7 mai 2008 ont été déclenchés après que le gouvernement d'alors eut décidé d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth,...