Le rapport émane d'une commission d'enquête indépendante mise sur pied par l'ONU pour enquêter sur neuf incidents lors desquels les locaux de l'ONU dans la bande de Gaza avait subi des bombardements ou des tirs attribués pour la plupart à Israël et qui avaient fait des morts et des blessés. Le quartier général de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) et plusieurs de ses écoles avaient ainsi été endommagés dans des attaques israéliennes lors de l'offensive qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens.
Le gouvernement israélien a d'ores et déjà rejeté ce rapport, affirmant qu'il est biaisé en faveur du Hamas. « L'État d'Israël repousse les critiques formulées dans ce rapport et estime qu'elles sont déséquilibrées et ignorent les faits tels qu'ils ont été présentés (par Israël) à la commission d'enquête, et induisent donc l'opinion mondiale en erreur », a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.
« Israël souligne que le rapport ignore totalement les attaques menées contre lui pendant les huit ans qui ont précédé son offensive et passe sous silence la dure réalité imposée par le Hamas et ses méthodes », a-t-il ajouté en allusion aux tirs de roquettes contre les localités du sud de l'État hébreu.
Parallèlement, le Comité antitorture de l'ONU a dénoncé hier l'utilisation par le Service général de sécurité israélien d'un centre secret de détention et d'interrogatoires.
À l'occasion de l'examen de la situation en Israël, les 10 experts indépendants du Comité antitorture (CAT) ont interrogé hier les représentants de l'État israélien sur cette « installation 1391 » située dans un « lieu indéterminé d'Israël et inaccessible pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et pour les avocats et les proches des détenus ». « Le Comité a reçu des plaintes sur des tortures, des mauvais traitements et des conditions de détention déficientes dans ces installations. »
Selon des informations reçues par le CAT, « certains officiers israéliens de la Sécurité soumettent les détenus palestiniens à des actes qui violent la Convention (contre la torture) avant, pendant et après les interrogatoires ».
Le comité s'est étonné que le recours à la « détention administrative » soit qualifié « d'exceptionnel » par les autorités israéliennes alors que « 900 Palestiniens ont été maintenus en détention administrative en 2007 et que certains, dont d'anciens ministres du Hamas, semblent avoir été retenus en vue de faire pression sur le Hamas pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit ».
Les experts de l'ONU ont également critiqué une ordonnance militaire s'appliquant à la Cisjordanie qui permet la détention durant huit jours d'enfants âgés de 12 ans ou plus, « accusés ou non de délits contre la sécurité », sans être présentés à un juge militaire. La même ordonnance militaire « permet que les détenus soient maintenus jusqu'à 90 jours sans accès à un avocat et jusqu'à 188 jours sans être inculpés », a insisté le CAT.

