Pour le président du comité exécutif des Forces libanaises, c'est à un « spectacle surréaliste » que les Libanais ont assisté mercredi. Car, a souligné M. Geagea dans une déclaration à la presse, « ceux qui doivent être fiers sont les forces du 14 Mars, alors que ceux qui ont organisé ce tapage devraient plutôt être honteux ».
« C'est bien le 8 Mars qui s'est efforcé d'entraver la mise en place du tribunal international », a-t-il ajouté, notant que « les premiers bénéficiaires de la mise en place du tribunal sont les quatre officiers » mais que « cela n'a rien à voir avec le problème politique ».
« Je suis fier de la sortie des quatre généraux, car c'est cela la justice que nous avons voulue, autrement que celle qu'ils pratiquaient lorsqu'ils étaient au pouvoir », a poursuivi M. Geagea.
« Certains tentent d'exploiter cet événement pour se retourner contre le gouvernement et le pouvoir. Ce n'est ni Amine Gemayel, ni Saad Hariri, ni Marwan Hamadé qui avaient pris la décision d'arrêter les quatre officiers. C'était Detlev Mehlis et, après lui, Serge Brammertz et Daniel Bellemare qui, en tant qu'enquêteurs, n'avaient pas jugé bon de décider de leur relaxe », a-t-il relevé.
« Nous avons œuvré quatre ans durant pour avoir la justice internationale et voici que la partie adverse parle de victoire. Si toutes leurs victoires sont pareilles à celle-ci, alors je les félicite », a-t-il dit.
« Mais, au final, c'est le public du 14 Mars qu'il faut féliciter, même si le premier acquis a été la relaxe des quatre officiers. Car si effectivement il n'y a pas jusqu'ici d'indices suffisants pour qu'ils soient maintenus en détention, je considère que c'est un acquis de les relâcher », a-t-il souligné.
« Sur le plan politique, et contrairement à l'évaluation de certains de mes alliés, j'estime que ce développement aura un impact très positif sur la révolution du Cèdre et sur ses candidats dans tout le pays. Pour une raison bien simple, car lorsque les Libanais ont revu ces visages, ils se sont remémoré toute la période précédente », a-t-il encore dit.
S'abstenant de polémiquer avec le général Jamil Sayyed qui l'avait pris pour cible, M. Geagea s'est contenté de dire que M. Sayyed « ne devrait pas se permettre de parler de la science, de la culture, de la moralité et de la droiture du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar ».
Il a en outre réfuté l'argument selon lequel le 14 Mars exercerait sa tutelle sur le corps judiciaire libanais, rappelant à cet égard le contentieux judiciaire opposant la LBCI aux FL « qui dure depuis deux ans et n'est pas encore achevé ».
Il a enfin évoqué l'époque où les quatre officiers tenaient les rênes du pouvoir. « À l'époque, ils exerçaient des pressions sur le chef du gouvernement, les ministres et les députés pour les contraindre à faire ce qu'ils désirent, sans parler du fait qu'ils constituaient eux-mêmes les listes lors des élections », a-t-il ajouté.
« Mais les quatre généraux sont maintenant des vétérans car nous avons aujourd'hui de nouveaux symboles », a-t-il dit.


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