La Géorgie, de son côté, a une nouvelle fois accusé Moscou de vouloir annexer l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. « Les forces d'occupation russes contrôlent entièrement l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud depuis août dernier. Ceci est un nouveau pas de la Russie en vue d'achever l'annexion de ces deux régions géorgiennes », a déclaré à l'AFP la secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Eka Tkechelachvili.
M. Medvedev a, lui, profité de la signature de ces accords pour revenir à la charge contre la « provocation grossière » que constitueraient les exercices militaires de l'OTAN prévus sous peu en Géorgie, des manœuvres qui enfreignent, selon lui, les principes du cessez-le-feu russo-géorgien. « Toute action qui peut être vue et considérée par Tbilissi comme un encouragement à sa remilitarisation (...) est pour nous en contradiction avec les six principes résolvant le conflit, qui ont fait l'objet d'un accord en août dernier », a déclaré le président russe. Le porte-parole de l'OTAN a répondu en estimant « de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain », Moscou ayant été informé des exercices à l'avance et ayant refusé d'y envoyer des observateurs. Il a rappelé qu'il s'agissait de « petits » exercices, « basés sur un scénario de maintien de la paix de l'ONU ».
La détente qui semblait se dessiner entre Moscou et l'OTAN, nourrie par la volonté de la Russie et de la nouvelle administration américaine de resserrer leurs liens, a aussi souffert hier d'un nouveau scandale. Comme aux pires moments de la guerre froide, l'OTAN a ordonné l'expulsion de diplomates russes en représailles à une affaire d'espionnage. C'est le Financial Times qui a révélé hier que l'Alliance atlantique avait décidé d'expulser deux diplomates de la mission russe auprès de l'OTAN, en représailles à des agissements de l'Estonien Herman Simm, condamné en février après avoir avoué avoir vendu des secrets de l'OTAN à la Russie de 1995 à 2008. Le ministère russe des Affaires étrangères a immédiatement dénoncé une « grossière provocation ». L'ambassadeur russe auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a prévenu que ledit « acte de provocation ne peut pas rester sans réponse » et que « la Russie en décidera dans un avenir très proche ». M. Rogozine a tenu à souligner que ce serait « une réaction réfléchie ». « Nous n'allons pas perdre les pédales », a-t-il assuré. Il a jugé bizarre de n'avoir été informé par l'OTAN de cette expulsion qu'en fin de journée mercredi, juste après le déroulement de la réunion officielle du Conseil OTAN-Russie au niveau des ambassadeurs. « Nous sommes sûrs que quelqu'un veut saboter ces relations », a-t-il accusé.

