Au Mexique, le bilan de la grippe porcine s'établit à huit morts confirmées et 84 décès suspects. Au total, 99 personnes ont été contaminées de manière certaine par le virus et plus de 1 600 pourraient l'avoir été.
Lassés d'une semaine de psychose et de vie en vase clos, beaucoup de Mexicains ont décidé hier matin d'ignorer l'appel à « rester dans son foyer en famille », lancé par leur président Felipe Calderon, dans une solennelle allocution télévisée au cours de la soirée de mercredi. La circulation automobile a aussi commencé à reprendre ses droits dans les grandes artères de Mexico, où les embouteillages infernaux ont refait leur réapparition pendant cette période fériée, souvent synonyme de bol d'air à la plage.
Parallèlement, les pays de l'Union européenne n'ont pas jugé nécessaire à ce stade de suspendre les vols vers le Mexique comme le proposait la France, hier lors d'une réunion extraordinaire à Luxembourg sur les mesures communes à prendre face à l'épidémie. L'idée française a notamment reçu un accueil très mitigé de la part des ministres de la Santé d'Allemagne et d'Espagne. En marge de la réunion du Luxembourg, le gouvernement italien a conseillé à ses ressortissants revenant du Mexique de rester à la maison pendant sept jours à compter de leur retour « en raison de la transmissibilité élevée et de l'absence d'immunité de la population ». L'ONU a également demandé, dans une note interne, à ses fonctionnaires de « différer, si possible, les voyages non indispensables vers des pays à risque ».
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille, pour sa part, aux pays d'encourager la réduction des voyages ainsi que les rassemblements liés aux transports publics. Mais elle ne recommande pas de restrictions officielles de déplacement vers les pays touchés. Alors qu'elle avait relevé, mercredi soir, son niveau d'alerte à 5, l'OMS a indiqué hier « ne pas disposer d'éléments » pour envisager actuellement de passer au niveau 6 maximal d'alerte pandémique. Mais l'hiver austral arrive dans l'hémisphère Sud qui est maintenant davantage exposé au virus de la grippe porcine, ont averti les responsables de l'OMS. L'OMS a également annoncé qu'elle utiliserait désormais la dénomination de « grippe A (H1N1) » pour désigner la maladie.
En ce qui concerne la propagation de la maladie, cette dernière a continué de s'étendre hier sur le continent américain et en Europe. L'épidémie a atteint les Pays-Bas, où un enfant de 3 ans revenu récemment du Mexique a contracté le virus A/H1N1. Cette annonce porte à 13 le nombre de pays où le virus a été décelé, dont six européens et cinq américains.
Le nombre de cas avérés a augmenté en Grande-Bretagne (8 désormais), en Espagne (13), mais également aux États-Unis (111 dans 13 États hier matin contre 91 dans 10 États la veille), ont annoncé leurs autorités. Les autorités américaines ont commencé à distribuer des antiviraux pour contrer la maladie, selon une responsable sanitaire fédérale, et souligné qu'ils disposaient d'assez de traitements pour faire face à une épidémie de grippe porcine dans la population. Après le Mexique et les États-Unis, le troisième pays le plus touché est le Canada avec 19 cas avérés.
Enfin, Israël a relevé le niveau d'alerte au degré 5, soit celui précédant le maximum.

