Rechercher
Rechercher

Culture - Festival Bipod

La face cachée du métier de danseuse au Madina

Une femme seule, Maud Liardon, sur une scène totalement nue. Non pour danser, malgré quelques pas adroitement exécutés, mais pour parler de la face cachée d'une danseuse... Loin du glamour et de la grâce des spectacles à panache, endoscopie pleine d'humour du plus vulnérable instrument de la danse : le corps...
Une performance qu'on pourrait presque qualifier de
paradanse.
Pour s'entretenir des problèmes du corps, pas toujours aussi vaillant et triomphant que le donnent à voir les feux de la rampe, Maud Liardon offre au public, avec une joviale férocité, tous les bobos insoupçonnables d'une carrière qui plie l'être à une discipline de fer.
Dès le saut du lit, le ton est donné à l'autodérision avec cette jambe aux tendons meurtris qu'on « pampérise » comme les fesses d'un nouveau-né. Démarche clopinante et douleurs atroces dès qu'on pose le pied par terre quand on rêve de faire des pirouettes comme une toupie et des périlleuses prouesses de hautes voltiges...
Et sur cette lancée mordante et caustique, la danseuse, pieds nus, en tee-shirt et jeans moulants, allie vidéo, danse et voix off (texte en français avec sous-titrage en anglais projeté sur écran) pour dénoncer ce que Balanchine disait tout crûment : « Je ne peux pas enseigner la santé. »
Spectacle décapant qui n'hésite pas devant un nu intégral (oui, oui Ève comme Dieu l'a créée...Heureusement que Dame Anastasie a d'autres chats à fouetter), dans la position de la Maya nue de Goya, à même le sol du plancher de la scène. Position languide non pas provocatrice, mais pour démontrer que les plastiques parfaites et impeccables chez les danseurs sont une denrée rare et répondent à des canons draconiens...
Des crampes qui font hurler aux addictions à la cigarette, en passant par les rasades d'alcool qu'on s'envoie pour un peu de courage contre des tracs ravageurs, tout est soigneusement comptabilisé dans ce regard sans compassion du monde dur et intransigeant des danseurs. Un monde qu'on confond pourtant souvent avec une vie de mollesse et de facilité, prenant les « prima donna » pour des stars de luxe au succès à portée de main.
Il faut être héroïque devant tant d'adversités indomptables où même les os, les colonnes vertébrales, les chevilles, les jonctions et les jointures peuvent flancher et lâcher... Désespérément et sans recours...
Pour conclure, comme une vibrante apologie, la danseuse évoque le mal de dos « corseté » de John Kennedy, président des États-Unis. Un président tout sourire, qui s'est éteint sous les balles en remplissant ses obligations sociales, avec un mal insoutenable qui le rongeait littéralement...
Avec la danse contemporaine, le concept des performances s'est ouvert à plus d'un horizon. Comme celui de fouiller les coulisses, l'envers du décor. C'est ce que propose avec humour et ingénieux sens de la relativité Maud Liardon, sans oublier l'essentiel d'un choix responsable.
Après tout ce parcours pavé d'embûches, après tant d'efforts et d'endurance, en conclusion, l'artiste murmure au micro : « N'être que soi, sans artifice. » Bien sûr, nul n'est tenu à l'impossible...
Entre-temps, les spectateurs ont eu droit à un savoureux passage de Don Quichotte avec éventail qui claque, fleur dans les cheveux, gestes précis, rouleau de papier de toilette qui vole, couteau de cuisine qui hache menu et œufs qu'on casse comme des castagnettes qui crépitent...
Drôle et délicieusement enlevé.
Une performance qu'on pourrait presque qualifier de paradanse.Pour s'entretenir des problèmes du corps, pas toujours aussi vaillant et triomphant que le donnent à voir les feux de la rampe, Maud Liardon offre au public, avec une joviale férocité, tous les bobos insoupçonnables d'une carrière qui plie l'être à une discipline de fer.Dès le saut du lit, le ton est donné à l'autodérision avec cette jambe aux tendons meurtris qu'on « pampérise » comme les fesses d'un nouveau-né. Démarche clopinante et douleurs atroces dès qu'on pose le pied par terre quand on rêve de faire des pirouettes comme une toupie et des périlleuses prouesses de hautes voltiges...Et sur cette lancée mordante et...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut