Les pays de l'UE tentent jeudi de s'entendre sur des mesures communes face à l'épidémie de grippe porcine qui se propage rapidement en Europe, au moment où l'Organisation mondiale de la santé (OMS) juge une pandémie "imminente".
Les ministres européens de la Santé, convoqués d'urgence à partir de 14H30 (12H30 GMT) à Luxembourg pour définir des consignes en matière de vovages, pourraient avoir du mal à s'accorder vu les avis contradictoires émanant actuellement des capitales de l'UE.
Aucune formulation n'a été définitivement arrêtée lors des réunions préparatoires, un projet de texte encore provisoire vu par l'AFP appelant seulement à "protéger efficacement les citoyens" européens, sans annoncer aucune mesure spectaculaire.
Une proposition française de suspendre les vols aller vers le Mexique a reçu un accueil mitigé mercredi lors d'une rencontre informelle des ministres européens des Transports en République tchèque.
Elle pourrait être écartée plus clairement jeudi car en quelques heures la donne a changé.
Le nouveau niveau d'alerte retenu par l'OMS rend désormais moins pertinente une mesure ciblant spécifiquement le Mexique dans le domaine des transports, selon une source européenne.
L'OMS a décidé mercredi soir de relever à 5 son niveau d'alerte pandémique, prévenant que la pandémie est désormais "imminente". Ce niveau est l'avant-dernier avant la déclaration de l'état d'épidémie mondiale.
L'OMS conseille désormais aux pays d'encourager la réduction des voyages ainsi que les rassemblements liés aux transports publics, mais elle ne recommande pas de restrictions officielles de déplacement vers les pays touchés.
Les pays affectés sont en outre invités à distribuer des antiviraux et à lancer la préparation de la vaccination. Pour les autres, la mise en place de contrôles sanitaires aux frontières est recommandé.
Depuis lundi, les capitales européennes confirment une à une des cas avérés de grippe porcine. Trois premiers cas ont été confirmés en Allemagne, un en Autriche, cinq en Grande-Bretagne, dix en Espagne, et un en Suisse.
En outre, une quarantaine de cas suspects sont à l'étude en Belgique, au Danemark, en France, en Italie, en Irlande, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal et en Suède.
L'Italie voudrait étudier avec ses partenaires européens "les possibilités de mettre en place des stocks stratégiques d'antiviraux et de vaccins" au niveau de l'UE et un "programme d'achat" commun de ces produits, a-t-on appris de source européenne.
Le projet de texte qui sera soumis aux ministres ne reprend néanmoins pas cette proposition, appelant seulement les gouvernements de l'UE à "utiliser de manière optimale les antiviraux".
Durant l'épidémie de grippe aviaire, les pays de l'UE avaient refusé de constituer des stocks communs d'antiviraux.
L'Europe dispose de suffisamment d'antiviraux pour 16% de la population de l'UE, selon un expert de la Commission.
Les ministres devraient au minimum s'engager à "coopérer de manière étroite" pour "faciliter le développement d'un vaccin pilote couvrant le virus A/H1N1 dans le plus court délai possible".
Des grands fabricants de vaccins --Baxter, GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur, Novartis Vaccines-- ont été consultés mercredi à Bruxelles par la commissaire à la Santé Androulla Vassiliou.
Selon l'OMS, quatre laboratoires dans le monde sont à des "stades différents" de travail sur une souche virale pouvant servir de précurseur au vaccin contre la grippe porcine.
"Il faudra environ six mois pour mettre sur le marché un vaccin approprié, juge un expert de la Commission. "Mais ce travail ne peut pas encore commencer car le virus continue à évoluer et il n'y a pas suffisamment de données disponibles concernant le Mexique", a-t-il précisé.
Les ministres européens de la Santé, convoqués d'urgence à partir de 14H30 (12H30 GMT) à Luxembourg pour définir des consignes en matière de vovages, pourraient avoir du mal à s'accorder vu les avis contradictoires émanant actuellement des capitales de l'UE.
Aucune formulation n'a été définitivement arrêtée lors des réunions préparatoires, un projet de texte encore provisoire vu par l'AFP appelant seulement à "protéger efficacement les citoyens"...

