Karla Garcia, 32 ans, enseignante à l'université à Mexico, a connu l'angoisse éprouvée par plus de 1 600 malades « probables » de la grippe porcine, les symptômes, les analyses, dix-huit heures d'attente avant d'être finalement soulagée par les résultats, négatifs.
« Quand cela t'arrive, ta première préoccupation est de ne pas contaminer les tiens, et tu te rends compte à quel point on est vulnérable », confie-t-elle à l'AFP, au téléphone, à peine remise d'une lourde infection respiratoire. La semaine dernière, elle avait commencé à tousser, à se moucher, et surtout à ressentir « une douleur intense dans tout le corps », avec des accès de fièvre jusqu'à 39 degrés, explique-t-elle. Les médicaments prescrits par son médecin n'y faisaient rien. « J'ai passé plusieurs jours au lit, et quand les infos ont évoqué la grippe porcine, vendredi, je suis allée à la clinique », raconte-t-elle. En tant qu'universitaire, elle a accès au régime de sécurité sociale de la fonction publique fédérale. « La clinique était archipleine. Les gens arrivaient de partout, y compris des mamans qui amenaient leurs enfants qu'elles croyaient malades parce qu'ils avaient la goutte au nez. » Vendredi, à Mexico, les cliniques et les centres médicaux ont vu arriver des centaines de patients inquiets, accourus à la moindre poussée de fièvre. La plupart ont été rassurés, renvoyés chez eux avec un médicament antigrippal « de routine », d'autres ont été mis en observation pour vingt-quatre heures, et les cas jugés plus sérieux envoyés dans un service hospitalier spécialisé, comme Karla.
À l'hôpital, elle a attendu jusqu'à la nuit pour être prise en charge : « J'ai attendu pendant sept heures, assise avec d'autres personnes qui, elles aussi, se sentaient mal, toussaient ou avaient les yeux irrités. » On leur avait distribué des masques chirurgicaux, et on avait tâché de les tenir éloignés les uns des autres. À ce stade, tandis que certains de ses voisins étaient autorisés à rentrer chez eux, Karla, les poumons très congestionnés, a été classée « malade probable », et envoyée vers un autre hôpital, pour une série d'analyses. « Non, je n'ai pas ressenti la peur de mourir, je me répétais que, selon les médias, un traitement était efficace à condition de s'y prendre à temps. » Elle lisait et écoutait les informations, se souvient-elle. Dans le nouvel hôpital, elle a encore attendu plusieurs heures avant d'être cataloguée comme « urgence ». « Ils étaient censés me traiter sur-le-champ. Je suis arrivée à 20h00 et je suis sortie de là à 4h00 du matin passées, après une radiographie des poumons et des prélèvements de salive et du fond de gorge. » Le diagnostic final a conclu à une bronchite.
Sofia MISELEM (AFP)


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