Le développement des transports vise à améliorer les conditions de vie des quelque 10 millions d'habitants de la capitale et de ses banlieues. Contrairement à Londres qui compte huit millions d'habitants, Paris abrite seulement deux millions de personnes intra-muros, encerclées par le boulevard périphérique, une autoroute urbaine qui marque une séparation claire avec ses banlieues. L'idée de Christian Blanc, un secrétaire d'État spécialement nommé dans ce but, est de créer un supermétro de 130 km autour de Paris, reliant des « pôles économiques » et permettant de décongestionner des lignes de métro surchargées et conçues dans les années 1970. L'objectif est de « parvenir à des temps de parcours dans l'agglomération de l'ordre de 30 minutes, quel que soit le lieu d'où on part », selon le projet. Mais M. Sarkozy devrait également prendre en compte des plans de développement des transports élaborés par la mairie et la région, tenues par la gauche, et qui ont vu d'un mauvais œil l'implication du chef de l'État dans le « Grand Paris ». Au total, ces chantiers, ainsi que l'objectif de construire 70 000 logements supplémentaires, devraient créer plus d'un million d'emplois supplémentaires dans la région en 20 ans, selon le gouvernement.
M. Sarkozy a également exposé la philosophie de son projet : il s'agit « d'imaginer la ville du XXIe siècle, durable », conjuguant « très grande densité urbaine » et « modes de fonctionnement économes en énergie ». C'est dans cet esprit qu'il avait sollicité, il y a un an, les 10 cabinets d'architectes parmi lesquels figurent les Français Jean Nouvel et Christian de Portzamparc, le Britannique Richard Rogers et le Néerlandais Winy Maas. Certains ont imaginé un Central Park à la Courneuve, banlieue défavorisée au nord de Paris ; d'autres une gare internationale qui mettrait Paris au cœur d'un territoire allant de Londres à Francfort ; d'autres encore un « Grand Paris » qui irait jusqu'au Havre, à 200 km à l'ouest de la capitale.

