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Liban - Retrouvailles

La stratégie de défense, grande absente de la session de dialogue

Le sixième round de dialogue s'est tenu hier à Baabda en présence des 14 personnalités représentant la majorité et l'opposition. La prochaine session a été fixée au 1er juin. À défaut de discuter d'une stratégie nationale de défense, les deux camps ont au moins décidé d'aller aux législatives dans le calme.

Ce sont 14 leaders apparemment assagis qui se sont retrouvés hier au palais présidentiel de Baabda pour une nouvelle « session » du dialogue national qui leur permet, à défaut de parler de la stratégie nationale de défense pour laquelle ces séances de dialogue ont été créées, de se parler sur un autre ton que celui de la harangue et de se voir - pour les frères ennemis - autrement que sur le petit écran.
L'étalage de salutations polies et de sourires amènes auquel on a eu droit hier, sur le petit écran, laisse croire qu'au moins à ce niveau, le « dialogue national » porte ses fruits. Au point où, ignorant délibérément que ce sera le premier jour de la semaine au terme de laquelle le pays ira voter, les partenaires du dialogue se sont entendus pour se retrouver le 1er juin, histoire d'assurer qu'ils souhaitent que cette échéance soit vécue pacifiquement.
En écho à ce désir, et en ouverture de séance, après un bref synopsis de la situation régionale, le chef de l'État, secondé par Nabih Berry, avait demandé aux protagonistes assis autour de la table de revenir à des discours moins enflammés, conformément à un protocole d'honneur qu'ils se sont engagés précédemment à respecter.
La séance de dialogue a été marquée par la distribution, par le Hezbollah, d'une présentation succincte des prochaines manœuvres militaires israéliennes, que le Hezbollah considère comme les plus importantes jamais organisées en Israël.

Attaques soudaines
L'objectif de ces manœuvres, prévues entre le 31 mai et le 4 juin, c'est-à-dire au paroxysme de la campagne électorale libanaise, est, selon le document distribué par M. Raad, « d'élever l'état de vigilance nationale en Israël, dans l'optique d'une attaque militaire dont l'intérieur israélien serait l'une des scènes ».
Les divers scénarios des manœuvres prévues implique, entre autres hypothèses, la possibilité de l'ouverture soudaine d'hostilités contre l'État hébreu et d'un bombardement intensif de l'intérieur israélien aux fusées, simultanément à partir du Liban, de la Syrie, de l'Iran et de la bande de Gaza, accompagné d'un soulèvement en Cisjordanie. Ce scénario doit placer le citoyen israélien devant la possibilité d'une attaque imminente et doit l'habituer à « une culture de l'urgence », ajoute le document, qui cite le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Gaby Ashkénazi, affirmant en février dernier, au congrès annuel de l'armée israélienne, que « des défis sécuritaires complexes nous attendent en 2009, qui nous contraindront à rester en état d'alerte ».
Pour le document présenté par M. Raad, Israël prête à ses adversaires ses propres intentions, et l'ouverture d'hostilités soudaines pourrait venir de lui. Face à ces menaces potentielles, conclut le document, le Liban doit réagir, la réponse qu'il devra y apporter étant de trois types : civil, militaire (avec coordination entre l'armée et la Résistance) et politique. Le document préconise notamment l'organisation d'une campagne diplomatique dans laquelle le Liban mettrait en garde les pays amis contre les intentions malveillantes de l'ennemi.

Le Conseil constitutionnel
Le souci des élections n'a pas été absent de la réunion du dialogue. Le chef de l'État ainsi que d'autres partenaires du dialogue, notamment Samir Geagea, ont rappelé qu'il était urgent de procéder à la nomination du Conseil constitutionnel avant la date du scrutin. Le chef de l'État a rappelé, de son côté, qu'il avait reçu de la majorité carte blanche pour achever la formation du Conseil constitutionnel, comme il l'entend. Et qu'il pourrait se voir obligé de « trancher ». Cette délégation de pouvoir devait être répétée, en cours de réunion, par M. Saad Hariri.
M. Geagea, pour sa part, devait se féliciter aussi de la découverte du réseau d'espionnage israélien au Liban, se demandant par contre ce qui empêche les services de sécurité d'obtenir les mêmes résultats en ce qui concerne la série d'assassinats et d'attentats qui se sont produits entre 2004 et 2007.

Les apartés
Comme de juste, les apartés qui ont précédé la séance de dialogue ont été indicatifs du degré de tension ou de rapprochement entre les différents leaders. Selon les scrutateurs de coulisses, Walid Joumblatt a passé plus de temps avec des figures de l'opposition, notamment Mohammad Raad et Nabih Berry, qu'avec ses alliés ; Saad Hariri a été vu tenant Nabih Berry par la main, déambulant dans le salon et même rigolant ; Michel Aoun a serré la main de Nabih Berry avec une relative froideur, ce qui laisse deviner que « le nœud » de Jezzine et du Metn n'est pas encore réglé ; Samir Geagea et Michel Aoun ont eu un échange tranquille, mais bref ; Amine Gemayel et Hagop Pakradounian se sont parlé.
La scénographie des apartés et la présence à la table de dialogue, ont noté les observateurs, pourraient subir quelques modifications en fonction des résultats des législatives.
Notons que le général Aoun, premier arrivé à Baabda, s'est entretenu quelque 45 minutes avec le chef de l'État, avant de rejoindre la salle de réunions.
Dans le communiqué final, les protagonistes du dialogue sont convenus de l'importance de l'engagement à appliquer tout ce qui a été décidé dans les précédentes séances de dialogue.

F. N.
Ce sont 14 leaders apparemment assagis qui se sont retrouvés hier au palais présidentiel de Baabda pour une nouvelle « session » du dialogue national qui leur permet, à défaut de parler de la stratégie nationale de défense pour laquelle ces séances de dialogue ont été créées, de se parler sur un autre ton que celui de la harangue et de se voir - pour les frères ennemis - autrement que sur le petit écran. L'étalage de salutations polies et de sourires amènes auquel on a eu droit hier, sur le petit écran, laisse croire qu'au moins à ce niveau, le « dialogue national » porte ses fruits. Au point où, ignorant délibérément que ce sera le premier jour de...
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