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Liban - Éclairage

Des nœuds et des règlements pour un scrutin à rebondissements

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Michel Aoun constitue un véritable phénomène. C'est la première fois dans l'histoire du Liban moderne qu'une seule personnalité chrétienne est en mesure d'aligner 61 candidats aux élections législatives dans des circonscriptions s'étendant sur l'ensemble du territoire libanais. Dans les milieux de l'opposition, certains estiment qu'à lui seul il est l'équivalent du fameux « Helf » de 1968, qui regroupait les trois grands pôles chrétiens : Camille Chamoun, Pierre Gemayel et Raymond Eddé... Selon ses proches, le chef du CPL est aujourd'hui celui qui mène la bataille électorale au nom de toute l'opposition, puisque c'est essentiellement dans les circonscriptions à majorité chrétienne que le suspense est le plus fort. C'est dans ces circonscriptions que le sort des élections sera fixé et que l'on saura quel camp est le vainqueur. Même si tous les pronostics parlent d'une courte victoire de l'un des deux camps, les campagnes électorales sont d'une grande férocité et, selon les proches du général, ses autres partenaires au sein de l'opposition mènent des batailles de pure forme ou de partage interne des parts. Et c'est dans ce contexte que, toujours selon ses proches, il place la bataille de Jezzine. Pour lui, même si un accord sur une liste commune de l'opposition n'est pas trouvé dans cette circonscription, la bataille se fera entre les candidats dans un même camp et le vainqueur sera finalement un membre de l'opposition. Selon ses proches, Michel Aoun ne considère donc pas que l'absence d'un accord serait catastrophique et il estime qu'une bataille démocratique au sein de l'opposition n'est pas de nature à diviser ses rangs, mais au contraire à donner l'impression que parmi ses piliers il n'y a pas de suiveur et de leader, chacun ayant sa place et ses propres considérations. Les proches du général Aoun affirment donc que le « nœud de Jezzine » n'en est pas vraiment un et que si la bataille est inévitable, elle se fera selon les règles démocratiques, renforçant la crédibilité de l'opposition. Cela dit, les négociations se poursuivent entre les parties concernées et un accord n'est pas exclu, d'autant que le Hezbollah préférerait une formule d'entente comme cela a été le cas dans toutes les autres circonscriptions. Une des formules envisagées serait que le chef du CPL laisse une place vide sur une liste de deux candidats au lieu de trois au député actuel Samir Azar.
Les sources de l'opposition affirment en tout état de cause que ce point encore en suspens n'affecte en rien les relations entre les pôles de l'opposition qui restent unis autour d'un même projet politique national.
Dans le camp adverse, la situation est différente et les « nœuds » sont encore loin d'être réglés. Selon un des exclus du 14 Mars, le commandant en chef des Forces libanaises Samir Geagea chercherait à s'imposer comme le grand pôle chrétien face à Michel Aoun. Ce serait la raison pour laquelle il aurait décidé de pousser Richard Kouyoumdjian à présenter sa candidature dans la première circonscription de Beyrouth pour le siège actuellement occupé par le député Serge Ter Sarkissian. Selon un communiqué des Forces libanaises, cette décision n'aurait pas été prise sur un coup de tête, mais elle a été au contraire mûrement réfléchie. Selon des sources proches de la majorité, Richard Kouyoumdjian pourrait retirer sa candidature moyennant le retrait de celle de Ghattas Khoury au Chouf qui met en difficulté la place du candidat FL Georges Adwan. Les FL réclameraient aussi que leur candidat au Akkar, le général à la retraite Wehbé Katicha, soit pris sur la liste de la majorité à la place de Nidal Tohmé. Selon des sources de la majorité, il ne s'agit pas de provocation de la part des Forces libanaises, mais d'une volonté de renforcer les positions de cette formation dans le grand affrontement qui devrait avoir lieu après les élections entre le général Aoun et ses adversaires autour des grandes options nationales. Ces mêmes sources estiment que ces personnalités indépendantes, aussi importantes soient-elles, ne feraient donc pas le poids face au chef du CPL et que les partis politiques doivent prendre le relais.
Autre nœud encore en suspens, le cas de la Jamaa islamiya qui exige au moins deux candidats sur les listes du Courant du futur. Mais, selon des sources proches de la Jamaa, Saad Hariri n'a pas encore tranché la question et ne confirme même pas la prise du candidat Imad el-Hout dans la troisième circonscription de Beyrouth. Les milieux de la Jamaa laissent entendre que Saad Hariri serait soumis à de graves pressions de la part de l'Égypte, qui ne verrait pas d'un bon œil une représentativité au Parlement de ce groupe apparenté aux Frères musulmans. Ces mêmes sources s'empressent de préciser que l'Arabie saoudite ne partagerait pas cette opinion et que le ministre saoudien de l'Information, Abdel Aziz Khoja, au cours de sa visite éclair à Beyrouth, aurait pressé le chef du Courant du futur de régler ce problème au mieux, dans le but de rassembler les sunnites et de réduire les clivages entre les musulmans en général. La situation devrait en tout cas se décanter au cours de la prochaine quinzaine.
Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Michel Aoun constitue un véritable phénomène. C'est la première fois dans l'histoire du Liban moderne qu'une seule personnalité chrétienne est en mesure d'aligner 61 candidats aux élections législatives dans des circonscriptions s'étendant sur l'ensemble du territoire libanais. Dans les milieux de l'opposition, certains estiment qu'à lui seul il est l'équivalent du fameux « Helf » de 1968, qui regroupait les trois grands pôles chrétiens : Camille Chamoun, Pierre Gemayel et Raymond Eddé... Selon ses proches, le chef du CPL est aujourd'hui celui qui mène la bataille électorale au nom de toute l'opposition, puisque c'est essentiellement dans les circonscriptions...
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