Les deux époux « forment un bon tandem » et « le fait qu'elle accapare tous les flashes ne dérange pas le président qui, bien au contraire, suit volontiers son jeu », a remarqué El Pais. S'il est « ravi », c'est toutefois « lui qui dirige le spectacle », a souligné El Mundo. Ce quotidien libéral osait une comparaison historique : « Madrid a résisté à Napoléon, mais, 200 ans après, la ville a succombé à sa réplique, ou plutôt à l'épouse de sa réplique.
À l'évidence, Napoléon commit une erreur en envoyant le général Murat envahir la capitale de l'Espagne. S'il avait envoyé Joséphine, l'histoire aurait peut-être été différente. » « Le glamour de Carla Bruni sert aussi à faire oublier les lapsus », a commenté le journal économique La Gaceta, en référence aux propos désobligeants pour le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero prêtés à Nicolas Sarkozy et démentis par l'Élysée.
Mais pas de nuages cette semaine dans le ciel bleu de Madrid. Ce sont les toilettes de la Première dame, deux robes courtes en journée, griffées Azzédine Alaïa et Dior, et une robe longue en soirée, qui ont été au centre de tous les commentaires. Ses gestes aussi, comme les bises sur les deux joues préférées à la révérence pour saluer la reine Sofia d'Espagne. Sans parler de la « surprise » créée par ses chaussures à petits talons de 5 cm, qui ont remplacé ses habituels mocassins ou ballerines plates, qu'elle ne quitte pas depuis sa rencontre avec M. Sarkozy.
Le moment phare de cette visite a été sans conteste la première rencontre entre Carla Bruni-Sarkozy, 41 ans, et la princesse Letizia, 36 ans, épouse du prince héritier Felipe, « duel d'élégance et de glamour » très attendu à Madrid. La photo de dos des deux femmes gravissant le perron du palais de la Zarzuela, l'une en violet foncé, l'autre en rose framboise, impeccablement brushées, a été publiée par tous les journaux du pays. Hier, les journalistes ont continué de scruter avec assiduité le moindre geste de Carla Bruni-Sarkozy, venue visiter avec la reine Sofia une exposition temporaire consacrée au sculpteur espagnol Julio Gonzalez au musée Reina Sofia.
Virginie GROGNOU (AFP)

