Dans le feu de l'action, les cadres du Hezbollah dérapent parfois, et vont trop loin. Récemment, le parti a dû lui-même censurer les attaques trop violentes de Mohammad Raad, chef de son bloc parlementaire, contre le pouvoir. Assurant qu'il sert un projet hostile et que, comme Bush et Olmert, il doit s'en aller. Par contre, aucune réaction de cette sorte à la suite des déclarations d'autres responsables du Hezb posant un veto à la candidature, à Jbeil, du Dr Farès Souhaid, coordinateur du 14 Mars. Cet anathème d'un parti chiite, sinon outrecuidant du moins un peu bizarre dans une région fichée au cœur du pays chrétien, y a provoqué une déferlante courroucée. Les délégations populaires ne cessent ainsi d'affluer au domicile de l'ancien député à Kartaba pour lui apporter leur soutien, en réprouvant la mentalité même de ses contempteurs du camp d'en face. Des localités du jurd se mobilisent en outre pour organiser diverses manifestations ou marches afin de signifier clairement au Hezbollah qu'il n'a rien à dicter dans une région qui n'a aucun rapport avec son fameux périmètre de sécurité, la banlieue sud. Soulignant que son intrusion est doublement répréhensible. D'une part, parce qu'il rompt le pacte national de respect de l'autonomie politique communautaire, en prétendant décider pour les maronites de leurs députés. Ensuite, parce qu'il apporte le trouble, et la division confessionnalisée, dans une région qui a toujours été un modèle de coexistence paisible, même et surtout pendant la guerre. En effet, quand les hostilités avaient éclaté, des personnalités chiites et chrétiennes, réunies à Annaya sur initiative du Amid Raymond Eddé, y avaient signé une charte d'unité et de concorde qui a scrupuleusement été respectée par la suite. Le document a été récemment rajeuni, et resigné, toujours à Annaya. Une démarche justifiée par les indications des services de sécurité relatives au fait que le Hezbollah était en train d'armer des éléments locaux, en vue de troubles. Dès lors, nombre d'habitants de la région estiment que le Hezbollah, poussant à la roue des cantons, veut semer la discorde chez eux, gommer leur exception fraternelle, afin de mieux diviser le pays. À leurs yeux, l'affront fait à Souhaid constitue une tentative de lacérer la charte de Annaya. Les notables ajoutent qu'en se comportant avec autant de brutalité politique et verbale, le Hezbollah est loin de rendre service à son allié, le général Michel Aoun, et risque, au contraire, de lui faire perdre bien des voix. La décision du Hezb, poursuivent-ils, est d'autant plus injustifiable que jamais une force politique chrétienne n'a frappé de veto un candidat appartenant à la composante musulmane du pays. Ils reprochent enfin au Hezbollah de vouloir passer en force, avec son armement, aussi bien électoralement que politiquement. Son but ponctuel étant de saboter, par l'intimidation, toute liste panachée centristes-loyalistes.
Se tournant vers le général Aoun, ces sources lui demandent en substance : est-ce ainsi, en laissant le Hezbollah décréter ce qui lui plaît pour la représentation maronite, que l'on défend la cause des chrétiens ?
Quant à Souhaid, il assure qu'il continue la bataille jusqu'au bout et qu'il ne reculera pas devant ce défi du Hezb qui, au contraire, affermit sa détermination. Au cours de sa réunion avec Nazem el-Khoury et François Bassil, il a exposé quelques idées de coopération pour faire face à la liste de Aoun. Précisant que la victoire dépend de la coordination des indépendants et des loyalistes du 14 Mars. Souhaid n'envisagerait de se retirer de la course, indique-t-il, qu'au cas où Aoun ferait de même au Kesrouan. Sur base du principe que le président Sleiman, président de consensus, traiterait le dossier à sa convenance. Il ajoute que les deux régions sont liées : ou bien les indépendants y feraient pareillement équipe avec les loyalistes, ou bien il y aurait, pareillement, trois listes distinctes. Il se dit cependant à Jbeil que l'indépendant Nazem el-Khoury va faire tandem avec l'ancien député Émile Naufal.
Aoun attend pour sa part au Kesrouan que les tractations entre indépendants et loyalistes se décantent, avant de confirmer sa propre liste. En misant, selon des sources informées, sur un ordre qui serait donné aux centristes de ne pas s'allier au 14 Mars.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans le feu de l'action, les cadres du Hezbollah dérapent parfois, et vont trop loin. Récemment, le parti a dû lui-même censurer les attaques trop violentes de Mohammad Raad, chef de son bloc parlementaire, contre le pouvoir. Assurant qu'il sert un projet hostile et que, comme Bush et Olmert, il doit s'en aller. Par contre, aucune réaction de cette sorte à la suite des déclarations d'autres responsables du Hezb posant un veto à la candidature, à Jbeil, du Dr Farès Souhaid, coordinateur du 14 Mars. Cet anathème d'un parti chiite, sinon outrecuidant du moins un peu bizarre dans une région fichée au cœur du pays chrétien, y a provoqué une déferlante courroucée. Les délégations populaires ne cessent ainsi...