Si le recrutement de Klinsmann avait surpris les observateurs en janvier 2008, le retour aux affaires de Heynckes est, elle-aussi, une sensation.
Depuis son retentissant échec en 2006-2007 à Monchengladbach, le club où il avait brillé comme joueur, Heynckes avait mis un terme à sa carrière d'entraîneur durant laquelle il a remporté deux titres de champion d'Allemagne (1989 et 1990) et la Ligue des champions 1998 avec le Real Madrid.
Mais à la différence de Klinsmann, qui n'avait pas laissé aux supporteurs et dirigeants bavarois de bons souvenirs comme joueur (1995-1997) et comme sélectionneur de l'équipe d'Allemagne (2004-2006), Heynckes arrive au Bayern en territoire conquis.
Issu de la « vieille école » du football allemand, il correspond bien mieux aux habitudes bavaroises que « Klinsi », marqué par ses années aux États-Unis et qui voulait tout révolutionner.
« Je fais cela pour le Bayern, car il m'a lancé dans le football international, et par amitié pour Uli Honess », a expliqué Heynckes
Deux titres de champion
« Don Jupp », qui sera assisté de l'entraîneur de l'équipe réserve Hermann Gerland, a été sacré champion du monde en 1974 et champion d'Europe en 1972 avec Hoeness.
Le manageur bavarois présente souvent sa décision de laisser partir Heynckes en 1991 comme « la plus grosse erreur de (sa) carrière » de dirigeant.
Lors de son premier passage en Bavière, Heynckes, tenant d'un football physique et défensif, avait apporté deux titres de champion au club bavarois.
Après son départ de Munich, Heynckes, ancien meilleur buteur de Bundesliga, a enchaîné sans grand succès les expériences à l'étranger (Athletic Bilbao 1992-1994 et 2001-2003, Tenerife 1995-1997, Benfica 1999-2000) et en Allemagne (Schalke 04, 2003-2004, Mönchengladbach 2006-2007).
Il retrouve le banc pour une mission des plus délicates : remotiver une équipe de stars en pleine déliquescence et décrocher, à défaut du titre de champion, une qualification pour la Ligue des champions, une obligation économique pour le Bayern.

