Les discussions se sont achevées « sans percée sur les questions en suspens, soit la sécurité, l'OLP et les élections », a déclaré à l'AFP le dirigeant du Fateh, Nabil Chaath. Il a souligné toutefois que « le climat était positif » et que les discussions devraient durer quatre jours tout au plus. Les « questions (traitées) sont complexes et nous les menons avec un esprit ouvert », a de son côté indiqué à l'AFP un dirigeant du Hamas, Mahmoud Zahar, précisant que les négociations se poursuivraient aujourd'hui. « Le dialogue est entré dans sa phase finale », a pour sa part déclaré un haut responsable égyptien, cité par l'agence MENA. « L'Égypte a avancé des propositions pour rapprocher les points de vue des deux parties et va entendre leurs réponses », a-t-il ajouté.
Le Caire propose de remettre à plus tard la question du gouvernement d'union faute d'accord sur un programme, avait indiqué un responsable palestinien après la précédente séance de discussions qui s'est terminée le 2 avril. L'ambassadeur palestinien au Caire, Nabil Amr, a souhaité que ces discussions soient « les dernières avant un accord, car on doit mettre une limite de temps ». Les factions palestiniennes tentent depuis le 10 mars de parvenir à un accord sur la formation d'un gouvernement d'union nationale et sur son programme, une réforme des services de sécurité et l'élaboration d'une nouvelle loi électorale, ainsi que la réorganisation de l'OLP. Les discussions entre la délégation du Fateh, menée par l'ancien Premier ministre Ahmad Qoreï, et celle du Hamas, conduite par Moussa Abou Marzouk, n° 2 du bureau politique du mouvement, se font sous supervision du chef des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane.
Nabil Amr a appelé le Hamas à « regarder la situation de manière réaliste et réagir plus positivement à la situation internationale ». « L'absence de consensus dans la situation internationale signifie que nous ne recevrons pas de soutien, à quelque niveau que ce soit, et je pense que nous ne sommes pas assez autosuffisants pour reconstruire Gaza », a-t-il expliqué. Un accord est vital pour reconstruire Gaza, dévastée par l'offensive israélienne du 27 décembre au 18 janvier. Ne traitant qu'avec l'Autorité palestinienne, la communauté internationale refuse de parler au Hamas tant qu'il ne reconnaît pas Israël et ne renonce pas à la violence, et exclut que l'aide à la reconstruction de Gaza passe par lui.
Pour sa part, le président Abbas a affirmé que le gouvernement de consensus censé être formé en cas de succès des discussions devrait respecter les accords israélo-palestiniens passés. « C'est le gouvernement et ses membres qui doivent respecter ces accords et non pas les mouvements », a-t-il dit, dans une allusion au refus du Hamas d'accepter les accords signés entre l'OLP et Israël. Un tel cabinet aura pour principales tâches, selon M. Abbas, la supervision de la reconstruction de la bande de Gaza et la préparation de nouvelles élections législatives et présidentielle « avant le 24 janvier 2010 », date d'expiration du mandat du Parlement actuel dominé par le Hamas, élu en janvier 2006. En outre, M. Abbas a déclaré qu'il refusait de reconnaître Israël en tant qu'État juif, comme l'a exigé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « État juif, c'est quoi ça ? Vous pouvez vous faire appeler comme ça vous plaît, mais moi je ne l'accepte pas et je le dis publiquement », a-t-il affirmé. « Vous pouvez vous faire appeler la République sioniste hébraïque nationale socialiste si ça vous plaît, ça ne me regarde pas. Moi je sais qu'il existe un État d'Israël sur les frontières de 1967 (avant l'occupation des territoires palestiniens) et pas un centimètre de plus ou de moins », a-t-il ajouté.
Assouplissement de l'aide américaine ?
Par ailleurs, l'administration américaine a demandé au Congrès d'autoriser l'octroi d'aides aux Palestiniens, y compris dans l'éventualité d'une participation à un gouvernement palestinien de responsables proches du Hamas, a indiqué hier le Los Angeles Times. En vertu de la législation actuelle, les États-Unis ne peuvent accorder leur aide que si le gouvernement palestinien reconnaît Israël, renonce à la violence et reconnaît les précédents accords israélo-palestiniens. Le Hamas ne répond pas à ces critères. Selon le Los Angeles Times, l'administration Obama voudrait assouplir la législation dans le cadre d'un projet de dépenses budgétaires d'urgence de 83,4 milliards de dollars incluant des financements pour les conflits en Irak et en Afghanistan. Cette enveloppe prévoit aussi 840 millions de dollars d'aide pour l'Autorité palestinienne et la reconstruction de la bande de Gaza. Selon le Los Angeles Times, Washington ne sait pas comment faire parvenir l'aide aux Palestiniens compte tenu des restrictions actuelles.

