Après le mot du comité, prononcé par Seta Khadchian, l'ancien ministre Oskanian a entamé son discours en soulignant qu'il a vainement espéré que la célébration des martyrs intervienne dans des circonstances portant mieux à l'optimisme, au sentiment que les Arméniens ne sont pas seuls dans leur quête de la justice. En se trouvant soutenus par plus de parties compatissantes et solidaires. Et en ayant moins de doutes et de méfiance justifiée « suscités par nos voisins. »
Il relève ensuite que depuis l'avènement de leur deuxième République, les Arméniens évoquent la normalisation des relations avec la Turquie sans préconditions. « Mais, poursuit-il, l'ouverture des frontières avec un voisin qui rejette toute concession constitue par elle-même une inadmissible concession. Tendre la main à un gouvernement qui finance la campagne de négation du génocide perpétré par ses ancêtres équivaudrait à un désistement dangereux suscitant des retombées sécuritaires. »
Après avoir rappelé qu'en 1915 les deux tiers du peuple arménien, qui a en outre perdu ses terres, ont été massacrés, Oskanian souligne que face à l'ampleur du crime, les USA, la Russie « ou même la Turquie et l'Azerbaïdjan ne peuvent s'attendre, de notre part, à des concessions qui pourraient conduire à des pertes similaires au Karabakh. » Il s'en prend violemment à l'Azerbaïdjan, puis conclut : « La Turquie veut toucher un prix pour ouvrir ses frontières avec nous, à savoir la cession des terres (au Karabakh) qui nous protégent de la possibilité que ce qui s'est passé en 1915 se reproduise en 2015. »
Par ailleurs, les clubs du parti Tachnag ont organisé une marche populaire à Karm el-Zeitoun, en direction du monument des martyrs du génocide qu'abrite le siège du patriarcat arménien catholique à Jeitaoui. Les participants, menés par les candidats du Tachnag et du CPL à Beyrouth I, ont déposé des couronnes de fleurs. Le 23 au soir, la section jeunesse du Tachnag avait commémoré le souvenir des 1,5 million d'Arméniens massacrés en 1915, au catholicossat arménien orthodoxe de Cilicie, en présence de milliers de Libanais d'origine arménienne, qui ont également déposé des couronnes devant le sanctuaire où reposent les restes de certains martyrs. Des allocutions ont été prononcées, des poèmes récités et un documentaire a été projeté.


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