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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

L’armée pakistanaise passe à l’offensive contre les talibans

Les islamistes de la province de la Frontière du Nord-Ouest promettent de se venger.

Les forces de sécurité pakistanaises sont passées à l'offensive hier dans le nord-ouest du pays, où les talibans ont progressé ces derniers jours. « Ces extrémistes n'ont pas d'autre choix que de déposer les armes parce que le gouvernement a sérieusement l'intention de les faire partir », a déclaré à l'agence Reuters Rehman Malik, conseiller auprès du Premier ministre chargé de l'Intérieur. Selon un porte-parole militaire, plusieurs dizaines d'insurgés et un soldat ont été tués dans les opérations dans le district de Lower Dir, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP). M. Malik a déclaré que les forces de sécurité avaient pratiquement repris le contrôle de l'ensemble du secteur. « Nous ne permettrons pas aux talibans d'imposer leur loi à Dir ou dans toute autre partie du pays », a-t-il ajouté.
L'opération a débuté après des tirs d'activistes contre un convoi du Frontier Corps, une unité paramilitaire, dont quatre membres ont été blessés. Un commerçant de la ville de Timergara, la principale localité de Lower Dir, a déclaré à Reuters que des hélicoptères pilonnaient des positions d'islamistes sur des collines. « Un couvre-feu a été imposé. Nous sommes cantonnés dans nos maisons », a-t-il précisé. Samedi, 12 enfants avaient péri dans l'explosion d'une bombe dissimulée dans un ballon de football dans la même région de Lower Dir, qui dépend de la division administrative de Malakand, une portion de la province de la NWFP où la charia a été acceptée par les autorités et qui englobe également les vallées de Swat et Buner. Rehman Malik a imputé l'attentat aux talibans qui, a-t-il accusé hier, « ont exposé leur vrai visage en tuant des enfants innocents ».
Un porte-parole des talibans à Dir a estimé que l'offensive gouvernementale constituait une violation de l'accord prévoyant l'instauration de la charia en échange de la paix et que les islamistes se vengeraient. « Nous connaissons ceux qui ont lancé cette offensive, ils sont en haut de notre liste noire. Nous ne les épargnerons pas », a déclaré hier Dadullah Mansur. Dans la journée, des milliers d'habitants de la vallée de Buner avaient manifesté pour appeler l'armée et les talibans à éviter une confrontation, sur fond de rumeurs d'une offensive militaire imminente.
La progression graduelle des talibans pakistanais vers la capitale, Islamabad, a suscité de très vives inquiétudes aux États-Unis. Le district de Buner ne se trouve qu'à 100 kilomètres au nord-ouest de la capitale pakistanaise. À Washington, l'administration Obama a appelé les autorités pakistanaises à se dresser contre les islamistes armés au lieu de leur céder davantage de territoire par le biais de politiques d'apaisement. La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a même parlé d'abdication. Confortés notamment par la décision d'introduire la charia (loi islamique) dans une large partie de la province de la NWFP, une de ces mesures d'apaisement dénoncées à Washington, des combattants talibans se sont déplacés la semaine dernière de la vallée de Swat vers Buner. Leurs commandants leur ont ordonné vendredi de se retirer, ne laissant derrière eux que les combattants originaires de la vallée de Buner.
Pour les gouvernements occidentaux, qui ont besoin du soutien pakistanais pour défaire el-Qaëda et réussir dans leur entreprise de stabilisation de l'Afghanistan voisin, la moindre menace sur l'arsenal nucléaire militaire du Pakistan est synonyme de terreur. « Nous ne pouvons même pas envisager cela », a dit Mme Clinton lors d'une interview accordée à Fox News. « Nous ne pouvons laisser cela aller plus avant. C'est pourquoi nous faisons tellement pression sur les Pakistanais pour qu'ils s'unissent autour d'une stratégie pour reprendre leur pays », a-t-elle ajouté.
D'autre part, des talibans ont remis hier à des responsables pakistanais le corps d'un Polonais qui avait été décapité en février après avoir été détenu pendant des mois par des militants islamistes, ont annoncé des responsables pakistanais à l'agence AFP. Le géologue Piotr Stanczak, 42 ans, qui travaillait pour une compagnie polonaise de prospection géophysique, avait été capturé dans le nord-ouest du Pakistan en septembre 2008.

Les forces de sécurité pakistanaises sont passées à l'offensive hier dans le nord-ouest du pays, où les talibans ont progressé ces derniers jours. « Ces extrémistes n'ont pas d'autre choix que de déposer les armes parce que le gouvernement a sérieusement l'intention de les faire partir », a déclaré à l'agence Reuters Rehman Malik, conseiller auprès du Premier ministre chargé de l'Intérieur. Selon un porte-parole militaire, plusieurs dizaines d'insurgés et un soldat ont été tués dans les opérations dans le district de Lower Dir, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP). M. Malik a déclaré que les forces de sécurité avaient...
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