C'est ce qui ressort d'ailleurs du rapport annuel de suivi publié par la Commission européenne, qui dresse le bilan des réformes concrètes mises en œuvre par les pays concernés dans le cadre de la PEV et qui recense les domaines dans lesquels les efforts supplémentaires doivent être accomplis. S'il faut résumer en quelques mots le bilan dressé pour le Liban en 2008, il est possible de parler de « l'année des occasions ratées ».
Les explications du numéro 2 de la Délégation de la Commission européenne à Beyrouth, Michael Miller, vont dans ce sens. Au cours d'un briefing au siège de la délégation, il a exposé les grandes lignes du bilan dressé pour 2008, notamment pour le Liban. Le texte met en relief l'incidence de la crise financière sur les pays concernés par la PEV, responsable d'un ralentissement général du rythme des réformes. Il est cependant plus sévère en ce qui concerne le Liban, puisqu'il met en relief l'insuffisance des efforts fournis pour s'engager sur la voie de réformes substantielles au cours de la seconde partie de l'année, c'est-à-dire après la conclusion de l'accord de Doha, qui a mis fin à une longue crise politique. Ces efforts sont plus consistants aux niveaux économique et financier, et plus lents dans les domaines du développement politique et démocratique ou des droits de l'homme, mais restent en tout cas en deçà de ce qui aurait dû être réalisé.
À titre d'exemple, l'UE reconnaît l'importance du progrès réalisé au niveau du processus électoral, mais déplore l'absence d'un comité indépendant pour gérer la consultation populaire, de bulletins préimprimés ou encore de quota pour la participation des femmes aux législatives.
Sur une échelle plus générale, dans le classement des pays qui ont tiré profit des instruments mis à leur disposition par l'Union européenne, dans le cadre du partenariat établi dans le cadre de la PEV, le Liban se situe en bas de liste. Entre 2004 et 2008, il s'est contenté de présenter quatre projets, contre 44 pour le Maroc. Deux propositions présentées récemment n'ont pas pu être retenues parce qu'elles recelaient des lacunes et mettaient en relief l'absence d'une stratégie globale.
Dans ce même contexte, M. Miller rappelle la problématique de plus de 70 projets de lois adoptés par le gouvernement Siniora au moment de la crise politique qui a paralysé les institutions. Une partie d'entre eux était directement liée à la PEV, et si certains textes ont pu par la suite être votés par le Parlement, il reste que leur mise en application se fait attendre. Le problème ne se situe donc pas au niveau de la législation, mais de la volonté et du suivi politique.
Bien que le bilan soit plutôt négatif pour la seconde année consécutive, il reste que tout n'est pas perdu. La PEV offre une opportunité à durée illimitée, que le Liban peut à tout moment saisir. Mais tout retard lui est en premier lieu préjudiciable. Il restera à la traîne des États qui ont tiré profit des instruments de la PEV pour instituer des réformes et s'orienter davantage vers la consolidation de l'État de droit, et perdra les avantages financiers dont il peut se servir pour cela. L'UE dispose de ressources limitées dans le cadre de la PEV, et les fonds débloqués iront dans les pays qui montrent un appétit certain pour travailler et pour régler leurs problèmes.


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