Le général Askari a également donné une autre version des circonstances de l'attentat. « Alors que de jeunes recrues faisaient des exercices militaires avec leurs armes sur le terre-plein du camp, un homme vêtu d'un uniforme militaire s'est approché d'eux et a fait exploser sa ceinture d'explosifs », a-t-il dit. Auparavant, un officier de police avait affirmé que les soldats faisaient la queue devant la cantine quand le kamikaze s'était fait exploser. Interrogé sur la confusion, le général a refusé de répondre. Quant à la manière dont l'homme avait pu rentrer dans le camp, il a indiqué qu'une « enquête avait été ouverte, mais nous n'allons tolérer aucune négligence dans les unités militaires ».
Le camp de Habbaniya, construit dans les années 1920 par les Britanniques, est un des plus anciens du pays. L'armée américaine y est également présente, mais sur une position éloignée. Il est situé dans la province d'al-Anbar, qui fut l'une des plus violentes d'Irak avant la création fin 2006 des milices Sahwa, formées d'anciens insurgés qui s'étaient retournés contre le réseau el-Qaëda.
L'Irak connaît ces dernières semaines un regain de violences sanglantes, particulièrement des attentats-suicide au véhicule piégé, après plusieurs mois de baisse progressive des attentats. Mercredi, au moins 10 policiers ont été tués et 22 blessés dans un attentat à la voiture piégée à Kirkouk. Le général Torhane Youssef, n° 2 de la police de la province de Kirkouk, avait indiqué que « cet attentat portait toutes les marques d'el-Qaëda ». Le 11 avril, une attaque-suicide contre les Sahwa a fait au moins neuf morts et 33 blessés au sud de Bagdad. La veille, cinq soldats américains avaient été tués dans un attentat-suicide au camion piégé à Mossoul, dernier bastion urbain d'el-Qaëda en Irak. Cet attentat était le plus sanglant contre l'armée US depuis mars 2008. La branche irakienne d'el-Qaëda a revendiqué ces deux attentats.

