Il s'agit de la première mission de M. Mitchell depuis la formation en Israël du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu. Il doit se rendre aujourd'hui à Ramallah (Cisjordanie) pour rencontrer les dirigeants palestiniens avant de s'envoler pour l'Égypte.
« La politique des États-Unis se concentre sur une solution à deux États coexistant en paix », avait auparavant déclaré M. Mitchell, à l'issue d'une rencontre à Jérusalem avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. « Il s'agit d'une première rencontre. Nous avons discuté de notre coopération étroite et de l'harmonisation de nos positions sur la question palestinienne », a de son côté indiqué M. Lieberman. « Dans les circonstances actuelles, il faut œuvrer non pas à deux États pour deux peuples, mais à deux économies pour deux peuples, et M. Mitchell sait que contraindre la région à un dialogue virtuel peut avoir des résultats inverses » à ceux escomptés, a déclaré le ministre israélien de l'Intérieur, Elie Yishaï. « Netanyahu et le gouvernement d'union qui comprend les travaillistes ont besoin de temps car ils mettent au point une ligne politique prenant surtout en compte la sécurité d'Israël », a dit son collègue aux Transports, Israël Katz. Mais, a-t-il ajouté, « de toute façon, les intérêts communs et les liens d'Israël et des États-Unis sont étroits » et le président Barack Obama « n'a aucun intérêt à affaiblir Israël, alors que le Hamas, le Hezbollah et l'Iran dictent les réalités sur le terrain ».
Lors d'une rencontre séparée avec Miguel Angel Moratinos, son homologue espagnol, M. Lieberman a précisé que le gouvernement israélien travaillait toujours à la mise au point de sa politique, selon un communiqué de ses services.
Dans la foulée, M. Mitchell devait aussi rencontrer le chef d'état-major Gaby Ashkenazi, la chef de l'opposition Tzipi Livni, du parti centriste Kadima, et le ministre de la Défense Ehud Barak (du Parti travailliste) avec lequel il s'est déjà entretenu la veille après son arrivée en Israël. L'approche des États-Unis se heurte à celle du cabinet israélien, investi le 31 mars, qui écarte en fait l'option de deux États tout en se disant prêt à parler de paix avec les Palestiniens sur la base d'un plan privilégiant leur développement économique.
Le prédécesseur de M. Netanyahu, Ehud Olmert, avait déjà exigé en novembre 2007 que les Palestiniens reconnaissent Israël « comme l'État du peuple juif », mais n'était quasiment plus revenu sur ce thème par la suite. À l'époque, cette exigence avait été qualifiée « d'inacceptable » par le chef de l'équipe des négociateurs palestiniens, Ahmad Qoreï, qui avait rappelé que l'Autorité palestinienne « reconnaissait déjà l'État d'Israël dans les frontières de 1967 ». Les Palestiniens considèrent que la reconnaissance d'Israël comme l'État des juifs reviendrait pour eux à renoncer au « droit au retour » sur leurs terres des réfugiés palestiniens. Israël se définit selon une loi fondamentale comme « État juif et démocratique » tout en comptant 1,3 million de citoyens arabes. En janvier 2008, le président américain alors en exercice George W. Bush avait affirmé l'engagement des États-Unis à assurer la sécurité d'Israël en tant « qu'État juif ».
Par ailleurs, l'aviation israélienne a mené hier un raid contre la bande de Gaza, sans faire de victimes. L'attaque a visé une maison dans le camp de réfugiés de Maghazi, selon des témoins. L'armée israélienne a confirmé le raid, le premier en plusieurs semaines, précisant qu'il visait une construction « piégée » à proximité de la frontière avec Israël. Cette opération intervient au lendemain du tir d'une roquette contre le sud d'Israël depuis la bande de Gaza, la première en 11 jours, qui n'avait fait ni victime ni dégâts.

