Le président du parti Kataëb, Amine Gemayel, le ministre d'État, Nassib Lahoud, et le Front de liberté ont tous insisté sur ce point dans leurs déclarations respectives.
« Cet incident met en relief ce contre quoi nous avons toujours mis en garde, à savoir les vides au niveau de la sécurité dans certaines régions et la désinvolture de certains à l'égard de l'État et de ses institutions », a déclaré M. Gemayel, avant d'estimer que la solution réside dans l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national, pour qu'il n'y ait plus d'îlots de sécurité.
M. Gemayel a demandé à ce que ce dossier soit à l'ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil des ministres, avant d'exprimer des craintes au sujet d'incidents similaires à la veille des élections. « Si les législatives vont avoir lieu à l'ombre d'îlots de sécurité échappant au contrôle de l'État, d'importantes anomalies apparaîtront, ce qui ternira la réputation du Liban et donnera un signal négatif sur la démocratie du scrutin », a-t-il mis en garde.
En réponse à une question, il a exprimé ses regrets quant au commentaire du chef du CPL, le général Michel Aoun, au sujet de l'assassinat des quatre militaires, qu'il avait présenté comme étant une affaire de vendetta familiale. « Nous regrettons que le général Aoun prenne à la légère ce genre d'incidents. Pour lui, mon fils Pierre s'est suicidé, le capitaine Samer Hanna est mort dans un accident d'avion et il était sur le point de lui en attribuer la responsabilité. Si seulement le général Aoun pouvait coopérer avec nous pour permettre à l'État d'étendre son autorité dans tout le pays et pour qu'on ait la même conception du martyre. »
M. Nassib Lahoud a pour sa part estimé que l'attaque contre la patrouille de l'armée soulève des questions fondamentales aux yeux des Libanais : « Comment est-il possible qu'une partie civile, qu'elle soit tribale ou familiale, puisse détenir suffisamment d'armes pour attaquer l'armée ? S'agit-il d'un fait accompli qu'il faut traiter comme tel et quelle sera la conclusion que les Libanais tireront de cela ? »
Selon lui, les condamnations de l'incident ne sont pas suffisantes tant que la cause du problème n'est pas réglée, à savoir la prolifération des armes illégales « sous divers prétextes ».
M. Lahoud a indiqué que les Libanais espéraient un règlement à travers la conférence nationale de dialogue et une entente au sujet de la stratégie nationale de défense. Pour lui, le retard à ce niveau ainsi qu'au niveau de l'application des anciennes résolutions de la conférence « fait que le projet d'édification de l'État restera aléatoire et permettra aux fauteurs de troubles d'avoir une importante marge de manœuvre ».
Le ministre d'État Jean Oghassabian et le Front de liberté ont abondé dans le même sens. M. Oghassabian a appelé à l'adoption de « mesures pratiques et radicales pour régler cette situation dangereuse et contrôler les armes qui fragilisent toutes les régions libanaises en les transformant en îlots ouverts aux bandes de voleurs, de terroristes et de hors-la-loi ».
De nombreuses autres personnalités politiques et religieuses ont stigmatisé l'attentat de Rayack et appelé les autorités à infliger les sanctions les plus sévères aux coupables. Citons notamment le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, l'ancien président Émile Lahoud, le vice-président du Conseil, Issam Abou Jamra, le ministre Talal Arslane, les députés Michel Murr, Robert Ghanem, Henri Hélou, Bassem Sabeh, Ayman Choucair, Moustapha Hachem, Pierre Daccache, Moustapha Ali Hussein, Ahmad Fatfat, Kassem Hachem, Ali Osseirane, Boutros Harb, les anciens députés Omar Karamé, Salah Honein et Salah Haraké, le secrétariat général du 14 Mars, le PNL, le PSP, les Forces libanaises, les candidats aux législatives Émile Kanaan, Nadim Gemayel, Edmond Gharios et Élias Abou Assi, le président des organismes économiques, Adnane Kassar, le président de la Ligue maronite, le Conseil supérieur de la communauté melkite et la Jamaa islamiya.

