Le chef du CPL reviendra à Beyrouth samedi, et le souci électoral reviendra en tête de ses préoccupations. Hier d'ailleurs, les questions électorales ont été largement évoquées au cours de la conférence de presse qu'il a donnée à l'issue de la réunion hebdomadaire du Bloc du changement et de la réforme.
Michel Aoun a ainsi appelé les médias et les partisans à ne prendre en considération que les noms des candidats du CPL annoncés à partir de Rabieh. Il a ajouté que les candidats que le CPL prendra seront ceux qui auront le plus de chances d'être élus, mais qu'ils doivent aussi adopter le programme électoral du CPL, car « nous ne vendons pas de sièges électoraux et nous n'en achetons pas ». Il a ajouté que le programme du CPL sera annoncé le 7 mai à l'occasion du cinquième anniversaire de son retour d'exil.
Évoquant la situation électorale à Saïda, Michel Aoun a précisé que l'opposition appuie la candidature d'Oussama Saad et estimé que c'est lui « qui a le plus de chances de l'emporter » face au Premier ministre Fouad Siniora. Il a encore déclaré qu'il y aura peut-être « une surprise au Metn », où sa liste l'emportera, sans l'ancien vice-président du Conseil Michel Murr.
Le chef du CPL a estimé que l'autre camp est menacé de perdre des sièges, surtout dans les circonscriptions à majorité chrétienne. Il a encore répondu aux accusations portées contre lui de « vouloir fermer des maisons politiques », en déclarant qu'il ne le fait absolument pas et que ce sont les citoyens qui décident. Il a aussi déclaré que celui qui ne sait pas perdre ne sait pas gagner non plus, et qu'il exercera un pouvoir exclusif.
Abordant le piège tendu à une patrouille de l'armée sur la route Rayak-Ablah, le général Aoun a vivement condamné toute attaque contre la troupe et estimé qu'il s'agit d'une vengeance clanique sans aucune incidence politique.
Au sujet de la commémoration du trente-quatrième anniversaire de la guerre, il a affirmé qu'il s'agit d'un triste souvenir, et insisté sur le fait que l'entente et le dialogue sont la seule voie de salut. À ce sujet, il a encore précisé que ce ne sont pas les armes ni l'équilibre de la terreur qui assurent la stabilité, mais bien le dialogue, ajoutant que les chrétiens sont invités à choisir entre l'ouverture et le dialogue, d'une part, et le repli sur soi et la radicalisation, d'autre part. Il a rappelé au passage que l'entente entre le CPL et le Hezbollah est solide et qu'elle a permis d'éviter une nouvelle guerre civile.
Michel Aoun a précisé que les affiches de la campagne électorale du CPL qui ont été déchirées portaient justement sur le dialogue, ajoutant que c'est apparemment un thème que l'autre camp ne peut supporter...
Samedi, le chef du CPL s'était rendu à Bkerké pour adresser au patriarche Sfeir ses vœux à l'occasion de la fête de Pâques. La visite, qui avait été plus ou moins annoncée par Michel Aoun lui-même au cours d'une conférence de presse, est un pas dans le sens du réchauffement des relations entre les deux hommes. Le général s'est contenté de déclarer, au sortir de son entretien avec Mgr Sfeir, qu'il ne s'agit pas d'une visite politique, assurant avoir sollicité la bénédiction du patriarche maronite.

