L'Iran a en outre « testé deux nouveaux types de centrifugeuses d'une capacité plusieurs fois supérieure à celles existant actuellement », a ajouté M. Ahmadinejad lors d'un discours à l'occasion de la Journée nationale de l'énergie atomique. La République islamique a « installé environ 7 000 centrifugeuses (à Natanz) et ce chiffre atteindra les 50 000 durant le programme quinquennal », a indiqué pour sa part le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh. Interrogée par l'AFP, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a refusé de commenter ces chiffres. Dans un rapport du 19 février, l'AIEA affirmait que l'Iran possédait 3 964 centrifugeuses en activité, 1 476 machines sous test et quelque 125 centrifugeuses installées mais pas encore en fonctionnement. Les États-Unis ont accueilli, eux, avec « scepticisme » l'annonce sur les 7 000 centrifugeuses. « L'Iran a déjà, dans le passé, annoncé qu'il faisait fonctionner des quantités de centrifugeuses ne correspondant pas aux estimations de l'AIEA, a indiqué un porte-parole du département d'État, Robert Wood. Ce n'est donc pas clair. »
L'usine inaugurée à Ispahan a une capacité annuelle de production de 10 tonnes de combustible nucléaire pour alimenter le réacteur de recherche à eau lourde de 40 mégawatts d'Arak, actuellement en construction dans la province Markazi, et de 30 tonnes de combustible pour les futurs réacteurs à eau légère, selon l'agence de presse MEHR. Le cycle du combustible nucléaire comprend notamment l'usine de l'UF6 (hexafluorure d'uranium), également à Ispahan, dont la production est utilisée pour obtenir de l'uranium enrichi produit à l'usine de Natanz. Ensuite, cet uranium doit être utilisé dans la nouvelle usine d'Ispahan pour fabriquer du combustible nucléaire pour les futures centrales nucléaires du pays.
Ces annonces interviennent alors que le groupe des Six (Russie, Allemagne, Chine, États-Unis, France et Grande-Bretagne) a annoncé mercredi qu'il allait adresser à l'Iran une invitation pour une rencontre directe afin de discuter de son programme nucléaire. « Cette proposition doit être examinée. Mais il s'agit d'une proposition constructive et d'un changement d'attitude », a déclaré à l'AFP Ali Akbar Javanfekr, un proche conseiller de M. Ahmadinejad. Ce dernier a déclaré que « l'Iran cherchait toujours un dialogue logique », ajoutant que son pays n'acceptait pas de « dialogue à sens unique et des négociations dans une atmosphère d'intimidation ».

