Chambre d'enregistrement du pouvoir, l'Assemblée populaire suprême a également approuvé une loi « révisant et complétant la Constitution socialiste », a indiqué KCNA sans donner de précisions sur la nature des amendements envisagés.
Le Parlement avait été renouvelé le 9 mars lors d'un scrutin convenu mais potentiellement riche d'enseignements sur la succession de Kim Jong-il, âgé de 67 ans et dont la santé a récemment fait l'objet de spéculations. Surnommé le « Cher dirigeant » ou « Soleil du XXIe siècle », dont l'immuable propagande proclame l'invincibilité, il aurait été victime d'une attaque cérébrale mi-août 2008, mais aurait depuis récupéré, selon les services secrets sud-coréens et américains. Commandant en chef d'une armée forte de 1,2 million d'hommes, il contrôle également le Parti des travailleurs (parti unique), concentrant ainsi tous les pouvoirs de ce pays de 24 millions d'habitants qui a testé une bombe nucléaire en 2006. Le message du régime de Pyongyang à sa population « est que le pouvoir de Kim Jong-il reste intact, à l'abri de tout danger et sans rival », a estimé Scott Snyder, analyste à la Asia Foundation. Kim Jong-il dirige le pays officiellement depuis 1997, trois ans après la mort de son père Kim Il-sung, fondateur de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC).
Très symboliquement, la session inaugurale du Parlement s'est tenue quatre jours après le tir d'une fusée par le régime communiste, qui a soulevé un tollé international, mais a été aussitôt mis à profit par la propagande nordiste. Le tir semblait tout autant destiné à adresser un message de puissance à l'étranger qu'à nourrir la fibre nationaliste d'une population plongée dans une misère noire. Pour Peter Beck, chercheur à l'Université américaine de Washington, « il apparaît de plus en plus clairement que le tir était motivé par des considérations (de politique) intérieure ».
La Corée du Nord affirme avoir placé le 5 avril en orbite un satellite. La Corée du Sud, le Japon et l'armée américaine soutiennent en revanche que ce tir était une tentative déguisée de lancement d'un missile de longue portée en violation des résolutions de l'ONU. Les États-Unis et leurs alliés cherchent à réagir de manière ferme à ce lancement, mais les membres du Conseil de sécurité sont divisés quant à la réponse à apporter, la Chine, proche alliée de la Corée du Nord, et la Russie insistant sur la retenue. Le Nord a averti que de nouvelles sanctions de l'ONU seraient perçues comme « un acte hostile » entraînant la rupture des négociations à Six (les deux Corées, Russie, États-Unis, Japon, Chine) sur le démantèlement de ses installations nucléaires, actuellement enlisées.
Enfin, le ministre de la Défense japonais a estimé hier que l'archipel pourrait être amené à se doter d'un satellite capable de détecter un départ de missile balistique pour mieux réagir, notamment vis-à-vis de la Corée du Nord.

