Un service de sécurité « adapté » a été mis en place pour surveiller les 46 577 bureaux de vote, mais des incidents ont éclaté à Bouira (120 km au sud-est d'Alger) et des islamistes armés ont tenté une opération à Naciria, près de Boumerdès (50 km à l'est d'Alger), a indiqué M. Zerhouni sans autre précision. Selon des habitants de la région, deux bombes ont explosé près d'un centre de vote, blessant deux policiers. Deux autres engins ont été désamorcés. À Béjaïa, en Kabylie, des jeunes ont aussi affronté les forces antiémeute.
M. Bouteflika a voté en milieu de matinée dans le quartier chic d'el-Biar, sur les hauteurs d'Alger. Tout au long de sa campagne menée tambour battant, il a appelé les Algériens à voter massivement, tout comme ses cinq concurrents hantés par l'abstention. Élu en 1999 et réélu en 2004, M. Bouteflika veut asseoir sa légitimité avec ce scrutin boycotté par l'opposition traditionnelle par un score au moins égal aux 84,99 % des voix obtenu il y a cinq ans. Peu connus du grand public, à l'exception de Louisa Hanoune qui peut s'appuyer sur son Parti des travailleurs (PT, trotskiste), les autres candidats manquent d'assise face à M. Bouteflika, soulignait la presse privée algérienne, unanime. Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA, nationaliste), Mohammad Saïd (Parti de la justice et de la liberté, PJL, islamique modéré), Ali Fawzi Rebaïne (AHD-54, nationaliste, 0,63 % en 2004) ou Djahid Younsi (el-Islah, islamiste modéré) ont fait campagne sur la lutte contre la corruption, les injustices sociales ou la mauvaise répartition des richesses nationales.
Le président sortant a bénéficié d'un soutien sans faille des partis, organisations ou associations favorables à son 3e mandat pour sa campagne axée sur le bilan de 10 ans de pouvoir. Promettant un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur cinq ans, la construction d'un million de logements et la création de trois millions d'emplois, il a aussi réitéré la poursuite de sa politique de réconciliation nationale. Entamée dès 1999 après « une décennie noire » déclenchée par les islamistes et qui a fait plus de 150 000 morts dans des meurtres, attentats ou massacres collectifs, cette politique a permis avec deux référendums de mettre fin aux violences et d'obtenir la reddition de milliers d'islamistes. Visant ceux qui, éparpillés dans les maquis de certaines régions, poursuivent le combat au nom d'el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), M. Bouteflika a déclaré qu'un référendum trancherait sur une éventuelle amnistie pour ceux qui déposeraient définitivement les armes, tout en promettant une lutte acharnée contre les irréductibles.
Mais les Algériens semblaient plus préoccupés par les problèmes sociaux, dont l'augmentation du coût de la vie, que par les problèmes sécuritaires.

