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Culture - Exposition

Jean-Michel Solvès dans les empreintes du temps

À la galerie Alice Mogabgab où il expose jusqu'au 25 avril une série de ses récentes œuvres, Jean-Michel Solvès marque son sceau désormais reconnaissable. Entre sculpture et peinture, ses « Empreintes » et « Offrandes » sont un va-et-vient oscillatoire qui marque le temps tout en défiant ses avatars.
Né en 1955 à Paris, cet artiste, qui vit et travaille entre la Vendée et Paris, avait déjà été repéré par la galeriste Alice Mogabgab en 1998, alors qu'il était sur sa lancée. Elle lui propose à cette époque sa première exposition personnelle à Beyrouth. Depuis, le voyageur du temps a enrichi son parcours initiatique d'empreintes nouvelles, de prêtresses et de druides, ou de derviches tourneurs. Sans identité spécifique, ces peuples majestueux, à l'allure solennelle, sortent du sein de la mère « Terre », tout en lui empruntant ses matériaux et ses couleurs.
«Mon œuvre sonde le monde invisible, archétypal, un dialogue vibratoire d'avec l'invisible de l'invisible, cette remontée vers les profondeurs obscures du ventre où émergent des temps de la mère Terre.
 De ces vies confondues, secousses manifestées ou non, dans ces parcours, j'y inscris mon nom afin d'incarner ce voyageur identifié », dit Jean-Michel Solvès. Pour l'artiste, « peindre ou sculpter une figure serait comme une incantation terrible vers les mystères de la vie ». Miroir des grottes de Lascaux, scribe des hiéroglyphes contemporaines, c'est grâce à la matière qu'il choisit que les figures de Solvès puisent leur énergie de la terre, s'imprégnant de sa texture et de ses teintes. Sur toiles ou sur papiers de couleurs terracotta, argile, brunâtre ou rouille, l'artiste a laissé ses empreintes indélébiles de goudron et d'autres mixtures organiques qui rendent l'œuvre intemporelle. Voire hors du temps, puisque la technique qui devient l'objet au centre même de l'œuvre ne se soumet à aucune mode ou époque ni même à un code spécifique. Stockées dans l'esprit de l'artiste, ces images sont semblables à une mémoire collective reproduite sur le canevas dans un rythme répétitif. L'artiste avoue d'ailleurs être habité par les répétitions. Fonctionnant en séries, ses figures suivent un ordre donné, comme l'ordonnancement naturel du temps et des saisons. Solvès dit « travailler pour atteindre une indéfinissable plénitude mémorielle ». Lui seul possède la clef de cet ordre. Il en décrypte le sens et en offre l'image dédoublée au regard. D'abord en fonte, en bronze et béton, et aujourd'hui en terre cuite, les sculptures parlent de l'origine du genre humain. Creuses ou dessinant dans l'espace un mouvement circulatoire, elles évoquent le don, la naissance et la régénérescence.
Avec ces silhouettes primitives et leurs gestes primaires, Jean-Michel Solvès réussit à reproduire une image impérissable de l'homme, à la dédoubler. Le silence religieux qui plane sur ses œuvres est simplement le silence des temps immémoriaux.

Né en 1955 à Paris, cet artiste, qui vit et travaille entre la Vendée et Paris, avait déjà été repéré par la galeriste Alice Mogabgab en 1998, alors qu'il était sur sa lancée. Elle lui propose à cette époque sa première exposition personnelle à Beyrouth. Depuis, le voyageur du temps a enrichi son parcours initiatique d'empreintes nouvelles, de prêtresses et de druides, ou de derviches tourneurs. Sans identité spécifique, ces peuples majestueux, à l'allure solennelle, sortent du sein de la mère « Terre », tout en lui empruntant ses matériaux et ses couleurs. «Mon œuvre sonde le monde invisible, archétypal, un dialogue vibratoire d'avec l'invisible de...
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