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Liban - Législatives

Le Tachnag rejette le « package deal » de Hariri

La polémique a très vite éclaté hier entre le Tachnag et Koraytem après que le parti arménien eut décliné l'offre électorale de Saad Hariri.

Le chef du Courant du futur avait proposé au Tachnag l'octroi de quatre sièges parlementaires en contrepartie d'un vote arménien en faveur des listes du 14 Mars dans leur totalité. Sauf qu'hier, le comité central du parti arménien s'est réuni et a publié un communiqué dans lequel il a commencé par rappeler pourquoi il avait boycotté les législatives 2005 dans les trois circonscriptions de la capitale.
« En 2005, la loi électorale qui avait été adoptée était celle de l'an 2000, une loi inique qui avait poussé le Tachnag à boycotter le scrutin en raison de l'injustice flagrante qui frappait les communautés chrétiennes en général et arméniennes en particulier. Résultat : les députés arméniens avaient été élus il y a cinq ans alors qu'une infime proportion de la communauté arménienne avait voté pour eux », écrit le texte, rappelant qu'à l'époque, le Tachnag avait vivement mais vainement essayé de parvenir à un accord avec Saad Hariri, et ce « après que de larges progrès eurent été enregistrés avec le président-martyr Rafic Hariri quelque temps à peine avant son assassinat... Mais toutes nos tentatives avaient échoué, ce qui nous avait poussés à faire le choix du boycottage dans la capitale », explique le parti arménien, notant qu'en 2005, « le bloc arménien était ainsi limité aux députés Georges Kassarji et Agop Pakradounian ».
Et le communiqué d'insister sur le fait que de 2005 à ce jour, le Tachnag était resté en contact avec l'ensemble des parties politiques libanaises, loyalistes ou opposantes, dont le chef du Courant du futur, le député Saad Hariri. « Sauf que nos tentatives, encore une fois, ont été un échec - et nous ne savons pas pour quelles raisons », indique le communiqué. « Durant cette même période, nous n'avons également pas rompu le contact avec les deux autres partis arméniens, le Hentchag et le Ramgavar. Et après l'accord de Doha qui avait consacré l'actuel découpage électoral voté par les députés libanais, nous avons proposé à ces deux partis de redynamiser le bloc arménien, formé de six députés - un nommé par chacun des trois partis et la désignation des trois autres par accord entre nous. Nous avions également réaffirmé la nécessité que ce bloc soit maître de ses propres décisions, comme tel avait été le cas jusqu'à l'an 2000 », selon le communiqué.
Et de poursuivre : « Après que le Hentchag et le Ramgavar eurent réagi positivement à notre proposition, ils se sont rétractés sous le prétexte qu'ils ont des engagements à honorer avec le Courant du futur et qu'ils ne peuvent donc pas accepter une telle offre. Voilà pourquoi le parti a décidé de relancer seul le concept du bloc arménien qui comportera cinq députés. » Signalons à ce niveau que l'accord de Doha stipule que l'un des députés arméniens de Beyrouth II soit désigné par le Tachnag et l'autre par le Courant du futur...
« Comme tout le monde le sait, une rencontre a regroupé le 6 mars les députés Saad Hariri, Michel Murr et le secrétaire général du Tachnag, Hovik Mékhitarian, au cours de laquelle le député Hariri nous avait proposé quatre des six sièges arméniens en contrepartie de l'assurance que nous voterions pour les listes du 14 Mars dans leur totalité à Beyrouth, au Metn et à Zahlé. Nous avons débattu cette offre, et avons informé le député Hariri (avant-hier soir) que nous entendons former un bloc arménien de cinq députés, qui aura la liberté du choix politique et qui exercera sa mission parlementaire à l'ombre de la légalité et des institutions. De même, nous lui avons précisé que le parti souhaite voter librement, selon ses convictions, à Beyrouth, au Metn et à Zahlé... Tout cela n'a pas réussi à bénéficier de l'approbation du député Hariri », relève le communiqué du Tachnag, avant de conclure : « Nous souhaitons réitérer notre attachement à notre alliance politique et électorale avec le CPL dans toutes les circonscriptions, et avec le ministre Élie Skaff à Zahlé, tout en rappelant la nécessité, avant et après les élections, de traiter avec toutes les parties libanaises. »

La réplique de Koraytem
Le bureau de presse de Saad Hariri n'a pas tardé à répondre au communiqué du parti arménien. « Nous avons été stupéfaits par le fait que le Tachnag ait publié, par voie de presse, le procès-verbal du dialogue qu'il menait avec nous et avec le député Michel Murr, surtout que nous nous étions mis d'accord après les deux dernières rencontres sur la nécessité de poursuivre le contact politique entre nous et non à travers des communiqués de presse », s'est insurgé le bureau de presse du député de Beyrouth, avant d'apporter un rectificatif en règle à ce qui a été écrit dans le communiqué du parti arménien : « En réalité, la proposition (de Saad Hariri) était d'aboutir à un vote des partisans du 14 Mars en faveur des candidats du Tachnag en contrepartie du vote des partisans du Tachnag en faveur des candidats du 14 Mars dans les mêmes régions », écrit le texte.
« Le dialogue électoral avec le Tachnag est une affaire qui reste entre les mains du député Michel Murr, à l'aune de ce qu'il représente sur la scène chrétienne. Mais le plus important, c'est que nous prenons note de la rétraction du Tachnag, qui nous avait assuré avant-hier soir qu'il allait privilégier la neutralité entre les forces du 8 et du 14 Mars après les élections, alors que dans son communiqué, il insiste sur son alliance politique - et pas seulement électorale - avec le CPL et le ministre Skaff », conclut le communiqué de Koraytem.

Le Hezbollah savait ?
Parallèlement à cela, une source du Hezbollah a confirmé au site électronique www.nowlebanon.com que le parti de Dieu était au courant « depuis des semaines » de la volonté décidée du Tachnag de consolider son alliance avec le général Aoun. « Nous avons mené des contacts d'une haute importance et cela nous avait été confirmé de l'intérieur comme de l'extérieur », a dit cette source, estimant que les forces du 14 Mars sont « affaiblies » à tous les niveaux et sont « donc incapables de comprendre les changements internationaux et les constantes régionales qui régissent les rapports entre États. Cela impose des alliances et des ententes que les leaders du 14 Mars réunis ne pourraient comprendre... La situation dans laquelle s'est enferré le 14 Mars nous surprend et nous attriste », note enfin cette source du Hezbollah.

Mekhitarian minimise les divergences avec le Futur
En soirée, le secrétaire général du Tachnag a publié un communiqué dans lequel il a minimisé la portée des divergences entre son parti et le Courant du futur, soulignant que « le communiqué du Tachnag et la réponse du Courant du futur ne signifient pas qu'il existe un différend ». « Ce qui s'est produit ne dépasse pas le cadre d'une divergence de points de vue et même s'il n'y a pas d'alliance électorale, cela n'implique pas qu'il n'y aura pas de contacts entre nous à l'avenir, a déclaré M. Mekhitarian. Les propos à caractère électoral s'arrêtent là, jusqu'à la date des élections, et rien n'empêche par la suite de se retrouver et de dialoguer. »
M. Mekhitarian a, d'autre part, réaffirmé la détermination du Tachnag à mettre sur pied un bloc parlementaire « dont la décision politique serait indépendante et qui ne relèverait d'aucune partie ». Il a précisé dans ce cadre que « l'alliance avec le Courant patriotique libre ne signifie pas une alliance avec le 8 Mars ».
Après avoir remercié le député Michel Murr pour ses efforts visant à rétablir les ponts entre le Tachnag et le Courant du futur, M. Mekhitarian a déclaré que « nos relations avec le Courant du futur ont été effectivement rétablies, en dépit de notre communiqué et de la réponse du Courant du futur ». En conclusion, il a relevé que les derniers développements n'auront pas d'impact sur l'alliance du Tachnag avec Michel Murr.
Le chef du Courant du futur avait proposé au Tachnag l'octroi de quatre sièges parlementaires en contrepartie d'un vote arménien en faveur des listes du 14 Mars dans leur totalité. Sauf qu'hier, le comité central du parti arménien s'est réuni et a publié un communiqué dans lequel il a commencé par rappeler pourquoi il avait boycotté les législatives 2005 dans les trois circonscriptions de la capitale.« En 2005, la loi électorale qui avait été adoptée était celle de l'an 2000, une loi inique qui avait poussé le Tachnag à boycotter le scrutin en raison de l'injustice flagrante qui frappait les communautés chrétiennes en général et arméniennes en particulier....
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