Le consul de Russie à Dubaï, Sergueï Krasnogor, cité par l'agence russe ITAR-Tass, a confirmé qu'il s'agissait bien de Soulim Iamadaïev, ancien commandant du bataillon Vostok, qui a combattu aux côtés des forces fédérales contre les indépendantistes tchétchènes. Les médias russes avaient d'abord indiqué que Soulim Iamadaïev, qui avait quitté la Russie de peur pour sa vie après l'assassinat de son frère en septembre 2008, n'avait été que grièvement blessé. « Il est actuellement dans un hôpital de Dubaï », avait indiqué le frère cadet de la victime, Issa, au quotidien Moskovski Komsomolets paru hier. « Soulim est dans un état grave, il est inconscient et personne n'est autorisé à le voir, mais je pense qu'il va s'en sortir », a-t-il ajouté. Selon le quotidien, la victime portait un passeport au nom de Sulaiman Madov, un nom également cité par une partie de la presse des Émirats.
Soulim Iamadaïev a combattu lors du premier conflit russo-tchétchène (1994-1996) du côté des rebelles. En novembre 1999, juste après le début du deuxième conflit, il a rejoint avec la majorité de ses hommes les forces fédérales russes. De 2003 à 2008, il a dirigé le bataillon Vostok, composé de soldats tchétchènes et intégré à la 42e division motorisée du ministère russe de la Défense stationnée en Tchétchénie. Il a été révoqué en mai 2008 sur fond de rivalité entre sa famille et le nouvel homme fort de Tchétchénie, le président Ramzan Kadyrov. En août 2008, la justice russe avait lancé un mandat d'arrêt contre lui pour enlèvement et meurtre d'un homme d'affaires tchétchène en 1998.
« C'est une fin logique, attendue. Le mal revient toujours à ses racines », a déclaré le chargé des droits de l'homme en Tchétchénie, Nourdi Noukhajiev, commentant la mort de l'ancien chef militaire sur la radio Echo de Moscou. Son frère Rouslan, ancien député du parti pro-Kremlin Russie unie, a été tué par balle, au volant de sa voiture, en plein centre de Moscou le 24 septembre 2008. Soulim avait alors accusé Ramzan Kadyrov d'être derrière le meurtre et promis de venger son frère.
Selon la presse russe, M. Kadyrov, qui contrôle de puissantes milices locales intégrées aux troupes du ministère de l'Intérieur, voulait se débarrasser des rares forces échappant encore à son contrôle.


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