« Je pense qu'on peut honnêtement dire que le premier voyage de Barack Obama en Europe est peut-être la visite la plus attendue d'un président américain outre-atlantique », a déclaré Craig Kennedy, président du German Marshall Fund des États-Unis, un centre de recherche spécialisé sur les relations transatlantiques. « Peut-être que la visite de Kennedy à Berlin a-t-elle été plus forte, mais c'est de ce niveau », a-t-il ajouté.
Il s'agira quoi qu'il en soit de la première occasion pour M. Obama de rectifier l'image des États-Unis dans le monde. « Pour la première fois, il participera à un sommet avec les dirigeants des grandes puissances », a expliqué Reginald Dale, du Centre d'études internationales et stratégiques. « C'est la première fois qu'il sera dans cet environnement particulier et non porté au pinacle, comme c'est le cas aux États-Unis », a-t-il ajouté, jugeant qu'il s'agissait d'un « test de ses qualités de dirigeant ».
La première étape de M. Obama pour le G20 à Londres mardi sera l'occasion de rencontrer pour la première fois les présidents de Russie et de Chine. Il partira ensuite vers Strasbourg en France et Kehl en Allemagne vendredi pour un sommet de l'OTAN. Il doit également rencontrer le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, et participer à une séance de questions-réponses avec des étudiants sur l'avenir de l'Alliance atlantique. Dimanche 5 avril, à Prague, M. Obama rejoindra le sommet USA/UE et y prononcera un discours très attendu sur la prolifération nucléaire. Il y rencontrera également, selon ses conseillers, les dirigeants tchèques. Enfin, le président américain se rendra à Ankara et Istanbul, pour affirmer le rôle stratégique vital joué par la Turquie.
Depuis sa prise de fonctions le 20 janvier, Barack Obama a pris des décisions à un rythme effréné. Fermeture du camp de Guantanamo d'ici à un an, appel à un dialogue avec l'Iran, l'ennemi historique des États-Unis, volonté affichée d'agir sur le changement climatique, annonce d'un retrait progressif d'Irak, nouvelle stratégie en Afghanistan.
Le président américain a également réchauffé des relations avec la Russie devenues presque glaciales avec son prédécesseur George W. Bush. Son premier entretien avec Dmitri Medvedev devrait être suivi de près. Washington voudrait un soutien plus ferme de la Russie pour arrêter le programme nucléaire de l'Iran. M. Obama a déjà annoncé qu'il allait réexaminer le projet de son prédécesseur de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque que Moscou voyait d'un très mauvais œil.
Avec le président chinois Hu Jintao, M. Obama devrait concentrer son entretien sur la meilleure manière d'enrayer la récession économique mais aussi sur la Corée du Nord.

