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Culture - Exposition

Les sublimes dévoiements de Rimer Cardillo

L'art de peindre n'est plus ce qu'il était... À techniques nouvelles, art nouveau. C'est ainsi que se présente la magistrale exposition, tout en contour avant-gardiste, de Rimer Cardillo, plasticien uruguayen contemporain qui ignore les limites des métamorphoses...
Quarante-deux œuvres, de grands et moyens formats, sur les cimaises de la salle polyvalente de l'ALBA (Sin el-Fil). Du noir au blanc aux plus imprévisibles des couleurs, voilà le monde tout en réalité et surréalisme à la fois, à force d'impressions et de surimpressions de l'artiste plasticien Rimer Cardillo où, témoigner de la vie et fouiller le ventre de la terre sont deux constantes
essentielles.
Formé pour son éducation académique en art et graphisme à Berlin et Leipzig, installé entre New York et Hudson River Valley, impénitent voyageur pour mieux prendre le pouls du visible et de l'invisible, Cardillo traque avec véhémence et en profondeur la beauté et le mystère de l'univers. Traque qui n'exclut guère les respectueuses normes des valeurs des sciences humaines...
Œuvre plasticienne avant-gardiste par excellence que cette exposition tricéphale où environnement, anthropologie et archéologie dessinent des ramures et des nervures à la fois surprenantes et évidentes.
Tout d'abord on évoque ces images digitales manipulées avec Photoshop, enrichies par des gravures sur bois et des sérigraphies. Suprême technicité de la surimpression pour une œuvre à lecture multiple. Tout un «art» d'une décapante modernité pour traduire l'émotion de l'éphémère, fixer ce que le regard capte et ce que l'imagination projette...
D'une feuille d'acanthe aux ailes d'un papillon, en passant par les poussiéreuses strates d'un fragment de fouille ou un simple paysage d'une maison enfouie entre des roseaux au bord d'un lac, l'art est ici fait de juxtaposition de techniques diverses, précises pour une meilleure fluidité....
La délicatesse des lignes est secondée par les encres, les aquarelles, le burin, les manipulations les plus sophistiquées de la photographie... Et le résultat est tout simplement étonnant pour ne pas dire époustouflant!
Dans les forêts amazoniennes, véritable boîte à trésors, Cardillo a déniché des merveilles. Son séjour parmi les diverses ethnies (Shvar, Piaroa, Yanomami) reste une approche profondément humaine. Car l'artiste reste scrupuleux vis-à-vis de la protection de l'environnement et le souci de son équilibre devant tout élément perturbateur.
Et ce séjour parmi les peuplades encore en dehors de la civilisation moderne s'érige sans nul doute comme un vibrant témoignage de fraternité humaine pour ceux qui vivent encore à l'âge de pierre... Minutieuse investigation anthropologique, qui inclut aussi des préoccupations esthétiques livrant en images captivantes, dans leur sincérité ou sublimes dévoiements, les beautés oubliées ou ignorées du monde.
Avec Cardillo, toute image prend du recul par rapport à la banalité du quotidien et revêt une éloquence particulière. Telle cette coquille desséchée par le temps d'un «armadillo»...
«C'est un animal autrefois gigantesque, dit Cardillo en scrutant l'animal repu de siècles de sommeil dans son cadre vitré. Il ressemblait d'abord à une tortue puis à un lézard à la queue volumineuse. C'est ainsi que Darwin a commencé sa théorie de l'évolution...»

* L'exposition se poursuivra jusqu'au 27 mars 2009.
Quarante-deux œuvres, de grands et moyens formats, sur les cimaises de la salle polyvalente de l'ALBA (Sin el-Fil). Du noir au blanc aux plus imprévisibles des couleurs, voilà le monde tout en réalité et surréalisme à la fois, à force d'impressions et de surimpressions de l'artiste plasticien Rimer Cardillo où, témoigner de la vie et fouiller le ventre de la terre sont deux constantes essentielles.Formé pour son éducation académique en art et graphisme à Berlin et Leipzig, installé entre New York et Hudson River Valley, impénitent voyageur pour mieux prendre le pouls du visible et de l'invisible, Cardillo traque avec véhémence et en profondeur la beauté et le mystère de l'univers. Traque qui n'exclut...
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