Ses partenaires se faisant pressants, le Hezbollah devrait, selon le député cité, réunir son conseil consultatif avant la fin de la semaine en cours pour arrêter ses choix. Il serait question d'apporter quelques modifications par rapport à ses propres représentants, aux fins de coopter quelques jeunes émergents de son staff politique. Des sources informées croient savoir, en outre, que le Hezb accepterait de céder quelques sièges au président Berry.
Toujours est-il qu'au cours de la concertation multilatérale de l'opposition à Rabieh, indique un député qui y a participé, le général Aoun, explicitant les positions de son courant, a traité du cas des candidatures chrétiennes dans certains circonscriptions contrôlées par des leadeships chiite ou sunnite. Il a soutenu que, dans la mesure où ils reconnaissent son statut de leader chrétien, ses alliés de l'opposition doivent lui laisser le droit de désigner les postulants à ces sièges. Mais il n'a pas obtenu carte blanche, ses partenaires se contentant de proposer la formation de commissions mixtes pour étudier les différents cas en balance.
Pour ce qui est de Jezzine, le Hezbollah a déployé une médiation entre Berry et Aoun. Le général aurait le droit de désigner le candidat maronite et le candidat grec-catholique de cette circonscription, moyennant l'octroi de la candidature chiite de Baabda au président de la Chambre. De la candidature et non du siège, car il est encore occupé par Bassem el-Sabeh, qui est loin d'être prosyrien.
Une précision : sur le plan électoral, le Hezbollah n'a aucun inconvénient à favoriser le président Berry, en reconnaissance de son appui constant à la ligne globale et aux directives du parti. Il est de la sorte autorisé à désigner les candidats chiites de la Békaa centrale, de Zahlé et même de Jbeil.
Toujours est-il que le 8 Mars ne se prononcera qu'en mai. Il attend le 14 Mars au tournant. En misant sur les tiraillements au sein du front loyaliste, tant entre les formations qui se disputent sur les quotas qu'entre la pléthore de candidats. Ces difficultés se reflètent dans les récentes déclarations, désappointées, de Walid Joumblatt. De leur côté, Amine Gemayel et Samir Geagea ne se sont pas encore réunis pour trancher les litiges que la commission mixte de leurs formations n'est pas parvenue à régler à Batroun, au Metn ou ailleurs.
L'ancien député Farès Souhaid, coordinateur du 14 Mars, appelle à une concertation générale dimanche, à l'occasion de l'annonce de sa propre candidature à Jbeil. Il répète que le 14 Mars se bat pour son programme politique national. Et il assure que les rumeurs de division, qui sèment la confusion chez les partisans du front, n'ont rien de fondé. Ajoutant que les loyalistes vont bientôt prendre des mesures de cohésion renforcée et de dialogue avec les indépendants.
La majorité, qui se félicite des sondages d'opinion la donnant favorite, lutte pour les constantes nationales, démocratie et libertés en tête. Et, à ce propos, elle accueille à bras ouverts la proposition du président Carter d'une mission d'observateurs.

