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Culture - Exposition

Les multiples visages du Liban

« Mettre à voir » donne à voir, justement, les œuvres des candidats qui ont obtenu une mention du jury national chargé de la sélection de photos pour les VIes Jeux de la francophonie.

Avec l'arrivée du printemps, une éclosion de talents photographiques au palais de l'Unesco. Un bouquet multicolore, où portraits collectifs de tantes «brushinguées» côtoient ceux de ténébreux éphèbes marinant dans du lait et des pétales de roses. Des portraits en noir et blanc de personnes posant dos au mur, les yeux clos. Ou de jeunes femmes aux cheveux noirs, teint blafard et lèvres carmin. Surréalistes ou carrément réalistes, ces œuvres témoignent d'un réel talent photographique.
Le jury composé de Neyla Kettaneh-Kunigk, Pierre Abi Saab, Jacques Assouad, Gilbert Hage et Fouad el-Khoury a sélectionné Yves Atallah pour représenter le Liban aux Jeux. Le jeune photographe, qui a déjà participé au projet B-sides, initié par Umam Dr et le Goethe Institut, signe ici une série intitulée Bord de route. «Photographier. En un temps où tout est à notre portée, tout semble déjà vu et se banalise. Peut-on parler de nouveau, alors qu'il n'y a que nouveauté ? Le sujet est sans importance. Quand il n'y a rien à dire vu que tout est ressenti, l'acte persiste et procure du plaisir. » Adepte des paysages cartes postales, Atallah y ajoute une pointe de critique latente.
Sous le titre de Rupture, Chafa Ghaddar illustre les divisions inextricables d'une société à travers une série de photographies représentant les séparations matérielles d'une ville, ses murs et ses individus. «Beyrouth, quel corps pour quel mur?» se demande la jeune artiste.
L'objectif de Sandra Fayad s'est penché sur les rêves, les ambitions des enfants de l'hôpital Saint-Jude. Ses portraits montrent la réalité, sans tabou ni artifices : « La perte de cheveux, les cicatrices, le sérum... sont des éléments visibles. Un enfant reste un enfant, il a des rêves, une ambition... Je ne veux pas cacher son côté
malade ».
La corniche de Beyrouth, ce microcosme de la société beyrouthine, a inspiré Rana Massaad dans ses clichés pris entre 2007 et 2008.
« Je me suis intéressée à la relation entre le paysage naturel, les interventions artificielles sur l'espace et les traces laissées par les hommes. »
Roman, cité de femmes, c'est sous cet intitulé que Serena Abi Chebel rend un hommage aux filles d'Ève qui sont, pour elle, toutes belles. « Elles s'approprient l'espace et le dominent. Un cercle qui se referme autour d'elles et qui nous transmet les murmures de ce qu'elles racontent. »
Un beau portrait de Raymond Gebara signé Stépanie Nassar figure sous le titre Une date, un jour, une éternité, qui cherche à retracer l'histoire des théâtres de Beyrouth en immortalisant sur papier glacé certains lieux emblématiques et certaines figures d'or des planches libanaises.
Tarek Moukkaddem offre sa propre vision du Liban. «Le peuple libanais est ma source d'inspiration. J'aime regarder ces gens autour de moi avec un regard critique.» Hayda Lebnen, donc pour Moukaddem
Joanne Issa signe des Visages de femmes sur fond de feuillage verdoyant. Témoignage: «Une femme est tombée amoureuse de moi. Durant nos premières rencontres, elle me jetait des regards intenses. Son attraction envers moi m'a interloquée, comme si son objet d'attraction n'était pas sexuel. Comment deux personnes du même genre s'attirent-elles? Puis après, cette femme est partie, et pendant un certain temps, je suis allée à la recherche de visages de femmes qui pourraient me plaire de la même façon que j'ai plu à cette femme.»
Une exposition organisée par le Comité national des Jeux de la francophonie et qui dure jusqu'au 29 mars. Tous les jours, à partir de 16h.

 

M.G.H.

Avec l'arrivée du printemps, une éclosion de talents photographiques au palais de l'Unesco. Un bouquet multicolore, où portraits collectifs de tantes «brushinguées» côtoient ceux de ténébreux éphèbes marinant dans du lait et des pétales de roses. Des portraits en noir et blanc de personnes posant dos au mur, les yeux clos. Ou de jeunes femmes aux cheveux noirs, teint blafard et lèvres carmin. Surréalistes ou carrément réalistes, ces œuvres témoignent d'un réel talent photographique.Le jury composé de Neyla Kettaneh-Kunigk, Pierre Abi Saab, Jacques Assouad, Gilbert Hage et Fouad el-Khoury a sélectionné Yves Atallah pour représenter le Liban aux Jeux. Le jeune photographe, qui a...
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