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Moyen Orient et Monde - Soudan

Omar Béchir défie en Érythrée le mandat d’arrêt de la CPI

La décision de la Cour est une « insulte » à l'Afrique, selon Asmara.
Le président soudanais Omar el-Béchir s'est rendu hier en Érythrée pour son premier voyage officiel à l'étranger depuis l'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI). « Il est en visite pour une journée, il s'agit d'une visite très normale entre deux présidents. Il répond à une invitation du président Issaias Afeworki », a déclaré le ministre érythréen de l'Information et porte-parole du gouvernement, Ali Abdu. « L'Érythrée considère que la décision de la CPI est irresponsable et constitue une insulte à l'intelligence des pays africains », a-t-il ajouté, précisant que les deux dirigeants devaient « discuter de questions bilatérales et régionales ». « Le président el-Béchir va continuer de visiter des pays africains », a assuré de son côté hier le conseil présidentiel Ali Nafie Ali, après le retour du chef de l'État à Khartoum. « Chaque invitation qui parviendra au président sera étudiée de près car nous ne sommes pas dans une position normale actuellement. Cela doit être étudié du point de vue de la sécurité », a précisé le ministre soudanais des Affaires étrangères, Deng Alor.
Le 11 mars, les médias érythréens avaient annoncé que le gouvernement de M. Afeworki avait invité officiellement le président Béchir à venir en visite à Asmara, en signe de solidarité contre le mandat d'arrêt de la CPI. L'Érythrée, comme le Soudan, entretient des relations tendues avec l'Occident, notamment avec les États-Unis. Le président soudanais doit normalement se rendre au sommet de la Ligue arabe fin mars au Qatar, pays qui n'a pas signé le texte fondateur de la CPI. « Aucune décision n'a encore été prise » sur l'identité du chef de la délégation soudanaise au sommet arabe, a toutefois déclaré hier le porte-parole du président, Majoub Fadl.
Le comité des ulémas soudanais a émis ce week-end une fatwa déconseillant au chef de l'État de se rendre au sommet de la Ligue, car il pourrait tomber dans un piège tendu par « des ennemis de Dieu et de la souveraineté nationale ».
Un mandat d'arrêt a été délivré le 4 mars contre M. Béchir par les juges de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Le Darfour, dans l'ouest du Soudan, est le théâtre d'une guerre civile depuis 2003, qui a fait 300 000 morts selon l'ONU, mais seulement 10 000 selon Khartoum, et 2,7 millions de déplacés.
Les pays arabes, comme ceux de l'Union africaine, qui compte 53 États membres, se sont prononcés contre le mandat de la CPI. Ils ont entamé des procédures auprès du Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il suspende la procédure, conformément à l'article 16 sur le statut de Rome qui régit le fonctionnement de la CPI. Après la décision de la Cour, Khartoum a ordonné l'expulsion de treize des plus importantes ONG internationales actives au Darfour, en les accusant de collaboration avec la CPI et d'espionnage.
Le président soudanais Omar el-Béchir s'est rendu hier en Érythrée pour son premier voyage officiel à l'étranger depuis l'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI). « Il est en visite pour une journée, il s'agit d'une visite très normale entre deux présidents. Il répond à une invitation du président Issaias Afeworki », a déclaré le ministre érythréen de l'Information et porte-parole du gouvernement, Ali Abdu. « L'Érythrée considère que la décision de la CPI est irresponsable et constitue une insulte à l'intelligence des pays africains », a-t-il ajouté, précisant que...
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