Le « Rabih » nouveau est arrivé. Comprendre par là un accouchement toujours au forceps, l'aboutissement d'un processus de création, douloureux au départ, étonnamment gai à l'arrivée. Rabih Kayrouz poursuit « l'idée », ce fil conducteur qui, d'une robe à l'autre, définit l'identité de sa griffe. La collection qu'il a inventée pour le printemps-été 2009 est placée sous le signe d'« al-hawa », en arabe le vent, homonyme de la passion amoureuse. Deux ans plus tôt, c'était « la bulle », suivie de « la grenade ». Un point commun ? La légèreté, l'effet « blow up », une espièglerie caractérisée drôle et grave à la fois. Drôle parce que ces robes « gonflées » dans tous les sens du terme simulent à la fois des femmes-fruits, goûteuses et acidulées ; des femmes-enfants émergeant de cocons énigmatiques et des femmes sanctuaires qui cachent sous la soie la possibilité d'un enfantement. Avec « hawa », c'est juste un peu d'air qui vient distendre les plis de l'organza. De l'air ou de l'amour, c'est selon. Une force qui soulève, qui peut emporter. Par-delà la symbolique, c'est un couturier faussement ludique que cette nouvelle collection consacre, en confirmant son talent pour les plissés audacieux et les jeux de textures. Sous la gaze vaporeuse se laissent deviner des océans de paillettes rouges. Une robe grise est construite sur une série de pinces travaillées à la naissance du dos et, à la taille, pichenettes serrées par une main invisible qui tient fermement la construction de l'ensemble. La robe de mariée est à elle seule une sculpture taillée dans une matière à mi-chemin entre nuage et guimauve, monument, allégorie contemporaine du bonheur d'être là. Si Rabih Kayrouz est le plus atypique des couturiers libanais, c'est sans doute par sa sensibilité au kitch oriental dont il détourne l'érotisme second degré, les paillettes et les sequins, les modulations langoureuses et le quart de ton aigre-doux pour en créer des vestiaires aussi intemporels que « globlish ».
Le « Rabih » nouveau est arrivé. Comprendre par là un accouchement toujours au forceps, l'aboutissement d'un processus de création, douloureux au départ, étonnamment gai à l'arrivée. Rabih Kayrouz poursuit « l'idée », ce fil conducteur qui, d'une robe à l'autre, définit l'identité de sa griffe. La collection qu'il a inventée pour le printemps-été 2009 est placée sous le signe d'« al-hawa », en arabe le vent, homonyme de la passion amoureuse. Deux ans plus tôt, c'était « la bulle », suivie de « la grenade ». Un point commun ? La légèreté, l'effet « blow up », une...
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