Ouverture avec un Adagio de J-S Bach, où la tendresse et la fluidité de la narration ont toute l'allure d'une fervente prière... Un des morceaux les plus attachants du cantor, où les cordes et l'archet ont la vocation non plaintive mais envoûtante et incantatoire.
Changement de ton, d'atmosphère et sortie de l'humanisme de la Renaissance avec le Scherzetto du compositeur contemporain anglais Frank Bridge. Opus vif aux chromatismes périlleux, marqués d'une grande célérité, pour une œuvre d'une surprenante modernité. Toujours de la blonde Albion, des Scherzo pizziccato et marcia tirés de la Sonate en C de Benjamin Britten. Entre tristesse et angoisse, la stridence moderne pour des harmonies inattendues mais si agréables, si proches de mélodies inédites...
Justement, en parlant de mélodie, pour le plus grand des mélodistes français, cette frémissante Élégie de Gabriel Fauré. De splendides accords au clavier ouvrent avec éclat et gravité une partition vouée à un impressionnisme d'une subtile délicatesse où le violoncelle est à la fois plainte, complainte et ravissement. Sensualité, nostalgie, spleen et monde de la nuit avec cet Oblivion d'Astor Piazzolla oscillant entre besoin de liberté, déchirement intérieur et lancinante magie du tango... Retour inopiné aux pays de France avec la Sonate en f majeur de Claude Debussy.
Un musicien et interprète hors pair
Trois mouvements (prologue, sérénade et finale) d'une luisance sonore particulière, notamment cette «sérénade» invoquant avec esprit et originalité plus d'un timbre et imitant, non sans une joie presque enfantine, ludique dans sa candeur et naïveté, plus d'un instrument de musique...Deux opus, différemment séduisants, de la famille Webber. Bilan d'une vie, en pointes acérées et quelque peu mélancoliques avec William Lloyd Webber et berceuse tout en contours affectueux et cotonneux avec Julian Lloyd Webber, offrant au public l'inspiration d'un musicien doublé d'un interprète hors pair, veillant sur un enfant... Pour conclure, une des plus belles pages de Johannes Brahms pour le violoncelle et il s'agit, bien entendu, de la Sonate en mi mineur op 38. Trois mouvements (allegro non troppo, allegro quasi menuetto et allegro) pour traduire tous les élans romantiques du compositeur des sémillantes Danses hongroises et du majestueux Ein deutches Requiem. Poésie ardente, sentiments exaltés, liberté des rythmes et des cadences, ainsi se présente cette œuvre aux richesses sonores multiples, où le piano et le violoncelle tiennent également la vedette au second mouvement. Narration aux phrases fluides, suaves, délicieusement volatiles, avec des pics d'un lyrisme échevelé où le violoncelle, entre gémissements et embardées coléreuses, a des accents péremptoires et enflammés.
Un tonnerre d'applaudissements accueille les dernières mesures que le public, religieusement à l'écoute, suit en retenant presque son souffle. Deux bis généreusement accordés où, de Saint-Saëns à de Falla, le violoncelle et le clavier ont certes des complicités saisissantes, mais seuls les sons du violoncelle restent maîtres de céans...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef