Évoquant la courte guerre avec la Géorgie l'été dernier, M. Medvedev a estimé que les forces armées russes avaient « bien réagi », mais que ce conflit avait mis en exergue « nos faiblesses ». « Les problèmes liés à la fourniture de certaines catégories d'armes et de moyens de communication sont bien connus et nécessitent une réaction immédiate », a-t-il observé. Tbilissi avait lancé en août dernier une offensive pour tenter de reprendre le contrôle de son territoire séparatiste de l'Ossétie du Sud, à laquelle Moscou avait répliqué par l'envoi de soldats en Géorgie.
Le chef de l'État russe n'a fourni aucune précision chiffrée sur le réarmement ni sur son financement, à un moment où la Russie est affectée de plein fouet par la crise financière mondiale. À travers ses propos, M. Medvedev a davantage cherché à « montrer aux militaires qu'il comprenait leurs problèmes », alors que nombre d'entre eux sont opposés à une réforme de l'armée russe qui se traduira par une diminution des effectifs, estime Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique mondiale. Moscou n'a « pas l'intention de mener une guerre contre l'OTAN comme à l'époque soviétique », affirme M. Loukianov, soulignant que la Russie avait besoin de moderniser son armée « pour la rendre plus compacte et plus efficace ». « Toutes les spéculations sur l'élargissement de l'OTAN n'ont rien à voir avec les menaces réelles » pour la Russie, relève pour sa part l'expert militaire indépendant Alexandre Golts. « Les démarches récentes de l'Alliance prouvent qu'elle ne prévoit pas d'invasion en Russie », souligne l'analyste. Aux yeux de M. Loukianov, les déclarations du président visent le « potentiel négatif de l'OTAN », dans la mesure où « les trois grandes guerres des dix dernières années - en Yougoslavie, en Afghanistan et en Irak - ont été initiées par les pays de l'Alliance ».
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre la Russie et les États-Unis se sont réchauffées depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, après une période très difficile lors de la fin de règne de l'ancien président américain, George W. Bush. L'administration Obama a fait savoir qu'elle réfléchissait à la suite à donner au bouclier antimissile américain en Europe de l'Est, un projet ordonné par son prédécesseur et auquel Moscou est farouchement opposé. Selon un rapport publié lundi à Washington par une commission d'experts, M. Obama devrait cesser d'encourager une adhésion de la Géorgie et l'Ukraine à l'OTAN, afin d'améliorer ses relations avec la Russie, farouchement opposée à l'entrée de ces deux ex-républiques soviétiques dans l'Alliance.

