À cette occasion, l'émir du Koweït s'est dit disposé « à entreprendre toute initiative en faveur du Liban ». « Mais en même temps, il ne peut se permettre de s'immiscer dans les conflits libano-libanais », a-t-il précisé.
Cheikh Sabah, qui a reçu le président Gemayel au palais Sayf, s'est longuement réuni avec lui pour examiner la situation au Liban et dans la région, et les efforts déployés par le Koweït en vue de la réconciliation arabe.
Le président Gemayel était accompagné d'une délégation regroupant son conseiller personnel et chef du régional du Kesrouan, Sejaan Kazzi, le membre du bureau politique Kataëb, Georges Chahine, en sus de l'ambassadeur du Koweït au Liban, Abdel Aaal Kana'i.
Évoquant sa participation au sommet arabe restreint qui s'est tenu en Arabie saoudite, l'émir du Koweït a indiqué que les leaders présents « étaient attachés au langage de la raison plutôt qu'au langage émotif ». « Nous avons ainsi réussi à parvenir à une entente sur des questions majeures permettant de paver la voie à l'élimination des désaccords, notamment lors du prochain sommet prévu au Qatar à la fin du mois », a-t-il souligné.
Saluant les efforts entrepris par l'émirat dans l'intérêt du Liban, le président Gemayel a affirmé à son tour que « malgré le climat positif qui sévit actuellement, le Liban continue d'endurer de multiples difficultés qui ont trait à la question de l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire. Cela suppose la multiplication des efforts de la part des pays arabes qui doivent contribuer à aider au recouvrement de la souveraineté libanaise et au renforcement de l'État », a-t-il dit. M. Gemayel a en outre estimé que les élections qui auront lieu prochainement « constituent une phase déterminante pour l'avenir de l'État libanais ».
À noter que le président Gemayel s'est également entretenu avec le prince héritier, cheikh Nawaf Ahmad Jaber al-Sabah, ainsi qu'avec le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad Ahmad al-Sabah.
Évoquant la décision d'établir des échanges diplomatiques entre le Liban et la Syrie, le Premier ministre koweïtien a estimé que cette initiative est « une quasi-réussite au plan du règlement des désaccords entre les deux pays ». Il a en outre espéré que soit conforté le dialogue national libanais « comme moyen pour trouver une solution aux conflits en présence ». Ce à quoi M. Gemayel a répondu en affirmant que le dialogue ouvre effectivement la voie à la résolution des antagonismes. « Certains me reprochent personnellement le fait que j'accorde beaucoup d'importance au dialogue avec l'ensemble des parties. Or je reste convaincu qu'il s'agit de la voie à suivre par excellence en vue du règlement des conflits », a déclaré l'ancien chef d'État.
Le leader des Kataëb s'est en outre rendu au Parlement koweïtien, où il a rencontré le chef du Législatif, Jassem al-Khourafy, et les membres de la commission du bureau de l'Assemblée. Les entretiens ont porté sur les relations parlementaires bilatérales.

