Depuis deux saisons, ce garçon calme et réservé sert de guide à l'équipe de France, qu'il avait sauvée de la correctionnelle lors des Mondiaux en 2007 sur cette même piste d'Are en remportant le dernier jour la médaille de bronze du slalom.
Mais c'est la saison passée qu'il est devenu une référence, avec ses quatre premières victoires en Coupe du monde, d'Alta Badia (Italie) fin décembre à Kitzbühel (Autriche) fin janvier. Après l'ascension fulgurante vient la retombée sur terre, quand il voit lui échapper le Globe de cristal du slalom avec une faute dans les ultimes portes de l'épreuve finale de Bormio (Italie).
De cette expérience, il a su tirer les leçons et appris à mieux gérer hauts et bas d'une saison. Comme cette année, aux championnats du monde, à Val-d'Isère, dont le Mauriennais était la tête d'affiche, mais d'où il est sorti dépité.
« Petit, mon objectif n'était pas forcément de décrocher des médailles ou d'être champion olympique, ce je voulais, c'était de faire partie des meilleurs skieurs du monde, d'être parmi les plus doués, raconte le jeune homme. Je m'accroche à cette idée depuis que je suis tout jeune, et j'ai beaucoup investi là-dedans. » À deux ans, tétine à la bouche, il fait ses débuts sur les pentes de Valloire (Savoie), où son grand-père était directeur de l'école de ski. Ses deux parents, plus oncle et tante, ont été membres de l'équipe de France dans les années 70 : lui était plus à l'aise en slalom, elle adepte de la vitesse. « Moi, je lui ai peut-être légué la rapidité du jeu de jambes, et Annick, la capacité à rester calme », raconte Jean-Pierre Grange.
« Ce sont tous des dingues de la compétition, explique Jean-Baptiste. À Valloire, j'ai toujours baigné dans cet esprit de compétition. »
Petit, il se battait pour les coupes et podiums avec son frère, François-Cyril, d'un an son aîné. Mais à 11 ans, son univers tapissé de gros flocons et d'étoiles comme Luc Alphand et Alberto Tomba manque de fondre. Jean-Baptiste, qui souffre d'hernie discale, est forcé de porter pendant un mois un plâtre, et puis presque une année un corset.
L'idée d'être parmi les meilleurs lui reste en tête, et contrairement à d'autres, l'adolescent accepte de se priver des fêtes avec les copains l'été pour faire des stages d'entraînement. Et quand il manque à l'oral son bac scientifique, sa décision est déjà prise : son avenir sera tout au ski.
Avec 12 podiums dont six victoires au compteur en Coupe du monde, Grange a élargi ses ambitions du slalom et supercombiné au géant au point d'avoir joué sans l'avoir cherché les premiers rôles dans la course au Grand Globe de cristal jusqu'aux finales.

