Et, c'est désormais devenu une tradition, de jeunes amateurs libanais animent chaque année, durant une vingtaine de minutes environ, la première partie de leurs soirées. Puis c'est par le fameux «Concours des menteurs», qui réunit tous les professionnels dans un spectacle improvisé, que se clôture ce festival.
Pour cette dixième édition, le Festival du conte ne déroge pas à ses habitudes consacrées. Cinq conteurs choisis par Jihad Darwiche, conteur libanais et directeur artistique du festival, vont se succéder tout au long de cette semaine, à 19h30, sous les voûtes en pierre de taille de la crypte jusqu'au dimanche 15 mars. À raison de deux conteurs par soirée, précédés, comme de coutume, par de jeunes apprentis «hakawatis» libanais.
Au programme de ce jeudi 12 mars, Michel Hindenoch et Fiona Macleod: deux registres, deux styles de narration, mais une même passion pour les histoires du passé «dispensatrices de cette sagesse, de ces expériences qui élargissent nos propres vies».
Des histoires plus vieilles que le monde...
Avec Michel, l'Alsacien né en 1946 en Forêt-Noire, cela va des contes de Grimm à ceux de La pierre et du vent qu'il collecte d'un peu partout, du moment que l'histoire le touche et lui parle. Et celles qui lui «parlent» sont souvent celles qui évoquent «les histoires de rencontres avec l'étranger, ou encore les rapports de pouvoir entre les gens».
Pour Fiona Macleod, il s'agit surtout de contes traditionnels de son pays natal, l'Écosse, qu'elle a quitté pour s'installer en France, mais vers lequel elle aime revenir dans une sorte de «quête d'identité» à travers ses récits de brumes et de vents, de mer, de landes et de revenants, collectés auprès de nomades écossais et de conteurs gaéliques.
Au son de sa cithare hongroise et de sa flûte de Pan, le conteur français, au physique de barde gaulois avec sa queue-de-cheval et son bouc immaculés, «raconte à des hommes d'aujourd'hui des histoires plus vieilles que le monde et plus jeunes que la dernière pluie». Des merveilles, des menteries, des ruses, des fables, des facéties issues de la tradition populaire et dont il explore la pertinence dans notre monde contemporain. Tout en jouant de la musicalité des mots.
D'autres, de brumes et de landes...
La conteuse écossaise, elle, prend «le bateau de la parole» pour s'embarquer et entraîner avec elle son auditoire dans «un voyage hors du temps, vers la mémoire floue de l'enfance». Avec ses yeux malicieux et ses mots d'où pointe l'accent anglais, elle narre, en interaction avec le public, des aventures de femmes dans un pays de brumes, de mythes et de légendes, où le surnaturel se mêle à la plus prosaïque des réalités pour apporter son lot d'émotions, d'énigmes et de frissons.
Ce soir donc, deux voix, aux répertoires et aux manières de conter différents, délivreront, «l'œil dans l'œil, le cœur dans le cœur et l'esprit dans l'esprit» (dixit un dicton écossais), un bouquet d'histoires diverses et variées. À tout bon entendeur...
* Informations et réservations au 01/202422, à partir de 15h00.


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