Parallèlement, l'ambassadeur du Liban à Mascate, Afif Ayoub, a donné samedi soir une réception en l'honneur du président du Parlement, qui a rendu un vibrant hommage au « soutien permanent apporté par le sultanat d'Oman au Liban dans tous les domaines » et qui s'est longuement attardé, dans son discours, sur la situation dans le pays.
De nombreuses figures de la colonie libanaise à Mascate étaient présentes au dîner. « À travers vous, je souhaite rassurer tous les Libanais sur le fait que les tensions qui apparaissent, les appréhensions et les doutes au sujet de l'échéance électorale et de l'avenir sont toutes exagérées et inappropriées. Tout ce qui se dit n'est que de la poudre aux yeux et de la fumée lancées par certaines têtes brûlées qui font des déclarations pour provoquer des susceptibilités électorales familiales, communautaires, sectaires et partisanes », a déclaré M. Berry devant ses hôtes.
Après avoir souligné que ces déclarations « s'inscrivent toutes dans le cadre de la concurrence électorale », il a fait état de « conflits autour des choix politiques, du passage au projet d'État avec ceux qui veulent continuer à monopoliser le pouvoir, de plusieurs autres politiques générales, dont la défense, les finances et le développement, de la position et du rôle du Liban dans la région ». Il a fait également état d'un « conflit historique avec la ligne politique qui souhaite que le Liban adopte une politique neutre par rapport à ce qui se passe dans la région et celle qui se considère concernée par les vœux nationalistes du peuple palestinien ». « Les divergences de vues ne signifient cependant pas que le pays s'oriente vers des confrontations ou de nouvelles lignes de démarcation », a-t-il poursuivi, accusant « certains services, personnes et parties d'essayer de profiter de toute tension ».
Affirmant que les « leaders d'opinion au Liban contrôlent la situation », il s'est dit confiant dans l'organisation des élections à la date prévue, le 7 juin, et dans le renforcement de la démocratie et du dialogue autour des questions conflictuelles dans le pays. Après avoir insisté sur l'entente qui régit les relations entre les hommes politiques, M. Berry a rejeté les rumeurs sur un éventuel report des élections.
Concernant le contrôle du scrutin, il a jugé que « les parties qui plaident pour la transparence et qui mettent en garde contre une éventuelle fraude sont elles-mêmes accusées de corruption et de blocage du Conseil constitutionnel pour que celui-ci ne puisse pas se prononcer au sujet des recours qui lui avaient été présentés. S'il a souhaité la bienvenue aux États européens désireux d'observer le scrutin, il a dénoncé leur attitude par rapport aux élections palestiniennes, notamment après la victoire du Hamas.
Pour ce qui est du gouvernement qui verra le jour après les législatives, M. Berry a plaidé en faveur d'une composition identique à celle de l'équipe actuelle « quels que soient les résultats de la consultation populaire ». « Ceci, a-t-il estimé, serait l'expression de la démocratie consensuelle que nous avons tous acceptée. Ceux qui prétendent qu'il ne s'agit pas là d'une démocratie ne connaissent alors rien à la démocratie. » Selon M. Berry, « la démocratie fondamentale s'exprime par l'unanimité. En l'absence d'unanimité, c'est l'entente qui prévaut et en l'absence de celle-ci, nous passons alors à une autre étape », qu'il n'a pas précisée.
Quant au nœud que représente le tiers de blocage, il est, a-t-il fait valoir, politique et non pas structurel. « L'opposition à l'action du gouvernement se fait de l'intérieur comme de l'extérieur du cabinet. Elle peut avoir lieu dans la rue ou autour de la table du Conseil des ministres. Nous préférons cependant l'entente autour d'un agenda politique ou de développement national », a-t-il considéré, avant de juger que les discours tenus actuellement, « selon lesquels le Liban slalome depuis 4 ans dans un champ de mines politiques et sécuritaires, entretiennent un climat négatif dans le pays ».
M. Berry a ainsi mis en garde contre « les conséquences négatives de tout discours politique qui met le Liban devant l'alternative suivante : soit la victoire, soit le chaos et le retour à la tutelle ». « Les conditions de la victoire sont déterminées par les urnes. Il ne servirait à rien d'intimider les électeurs en brandissant le spectre de l'instabilité politique et économique et en menaçant la coexistence », a-t-il conclu.


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït