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Culture - Exposition

La valse des valises de Sean Mackaoui

Faire, défaire et refaire sa valise est une histoire que les Libanais connaissent en toute intimité. Dans cet esprit de variations  sur « La maleta »  ou la mallette, Sean Mackaoui, artiste anglo-libanais, expose 20 collages à l'inspiration affûtée...
Au cœur battant du centre-ville, vingt collages de Sean Mackaoui, œuvres minimalistes et en dimension presque de miniatures, aux  dessins fins et sobrement colorés (jamais de couleurs tonitruantes), pavoisent joyeusement et avec une discrète élégance les cimaises de la grande salle d'exposition de l'institut Cervantès, rue Maarad.
 Sous le label « La maleta », plus prosaïquement en français la mallette ou la valise, cette exposition aux lignes nettes et bien tracées offre pourtant la valse d'un déballage bien particulier... Une valse tout en tourbillons et accroche-cœurs, ondoyante et tournoyante, pour des images qui  parlent de nostalgie, de cinéma, d'argent, de politique...
Les Libanais sont à bonne enseigne pour avoir vécu (et qui continuent de vivre) entre deux valises, deux portes, deux continents, deux pays, deux identités, deux cultures... Une dualité de va-et-vient incessante, certes fatigante mais aussi combien enrichissante, sur plus d'un plan... Bien faux est le dicton qui dit « pierre qui roule n'amasse pas mousse ». Ici, les mousses il y en a à toutes les encoignures, comme des trésors à découvrir...
C'est avec un sens ludique, non sans une pointe d'humour, de malice et parfois de sérieuse dénonciation que Sean Mackaoui, rompu au  métier de servir des affiches aux pièces de théâtre et au cinéma, mais aussi des illustrations pour des publications internationales (Vogue Espagne, la maison d'édition Santilana), affûte ses armes artistiques entre ciseaux, colle et coupures (de presse ou autres) puisées tous azimuts....
Dominés par un généreux espace blanc ou en émergeant victorieusement, ses dessins, ensemble habilement agencé, offrent les contours insaisissables d'un monde surréaliste, insolite, baroque, déroutant et pourtant si simple, si ouvert sur un horizon plus blanc que l'hermine....
De l'imagination, de la fantaisie, de l'insolite, du rêve, de la poésie, de l'acrobatie à défier tous les équilibristes, de la sensibilité et surtout un art tout en touches fines et délicates. Voilà l'univers de cet artiste qui  sait que la nostalgie a la force d'un aimant, que les drapeaux sont des gommes qui peuvent tout effacer, que les femmes peuvent s'habiller de coquillages ou d'algues, qu'un dinosaures peut jouxter un gratte-ciel, qu'un sous-marin portant palmier peut aussi être un tremplin pour une plongeuse en maillot de bain, que (pour certains) Beyrouth peut avoir les lumières de Paris, que la machine politique peut tout broyer...
Et ainsi, de bric et de broc se dévide, dans la bonne humeur et presque avec une tendre jovialité, l'inextricable écheveau d'images échappées à un magicien qui raconte des histoires de Shéhérazade à dormir debout...
Perpétuer l'enfance en faisant des collages, coloriant des espaces et inventant des personnages est un apanage d'artiste heureux et délicieusement inspiré...
Dans ce registre, pour garder une part d'enfance ou dévoiler la part d'enfance  de tout être adulte, Sean Mackaoui s'exécute avec verve et brio. Brio sans fioritures excessives ni véhémence exagérée. Au contraire, dans ces collages qui pourraient être de vraies « délicatessen » picturales, il y a une bonne part de pudeur et de bonhomie.
Que ce soit le cubisme, l'enluminure indienne ou la sècheresse des dessins mécaniques qui l'inspirent, Sean Mackaoui ne perd jamais le Nord. Et le Nord pour lui, c'est capter la lumière et les émotions pour mieux cultiver l'art des mélanges. Un art qui a pour synonyme le talent de mettre en boîte le plus volatil et transparent des rêves...

L'exposition se poursuivra jusqu'au 3 avril.
Au cœur battant du centre-ville, vingt collages de Sean Mackaoui, œuvres minimalistes et en dimension presque de miniatures, aux  dessins fins et sobrement colorés (jamais de couleurs tonitruantes), pavoisent joyeusement et avec une discrète élégance les cimaises de la grande salle d'exposition de l'institut Cervantès, rue Maarad. Sous le label « La maleta », plus prosaïquement en français la mallette ou la valise, cette exposition aux lignes nettes et bien tracées offre pourtant la valse d'un déballage bien particulier... Une valse tout en tourbillons et accroche-cœurs, ondoyante et tournoyante, pour des images qui  parlent de nostalgie, de cinéma, d'argent, de politique... Les Libanais sont à bonne...
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