Selon une étude de la Commission européenne, davantage de femmes candidates conduisent automatiquement à avoir plus d'élues, mais les hommes continuent à avoir plus de chances d'être élus.
En extrapolant les résultats de récentes élections nationales, Bruxelles calcule qu'une élection avec 50 % de femmes candidates aboutirait tout juste à 39 % de femmes membres d'un Parlement. Il faudrait donc 63 % de candidates pour atteindre la parité. « Quand on parle de femmes voulant se présenter en politique, on se penche immédiatement sur leurs qualifications. C'est un faux débat pour masquer le fait que les hommes choisissent des hommes », juge aussi la Danoise Drude Dahlerup, professeur en sciences politiques à l'université de Stockholm. Pour autant, « le discours politique a changé », car des Parlements ou des gouvernements essentiellement masculins paraissent désormais antidémocratiques. « Et l'idée que l'égalité hommes-femmes se fera toute seule n'est plus de mise. On se rend compte qu'il faut accélérer le processus », note Mme Dahlerup, qui a chapeauté pour le Parlement européen une étude sur les systèmes de quotas mis en place en Europe. Aujourd'hui, « ce sont les institutions qui sont mises en accusation », dit-elle, les partis politiques contrôlant « le jardin secret des nominations ». « L'important c'est que les femmes soient placées sur les listes à une place éligible », insiste le Tchèque Vladimir Spidla, commissaire européen à l'Emploi. « Sans cette répartition égale des pouvoirs, on ne peut pas espérer un traitement égal », selon lui.
Malgré les controverses qu'ils suscitent, des quotas électoraux hommes-femmes sont aujourd'hui appliqués dans la moitié des pays de la planète, précise l'étude du Parlement européen. Mais « jusqu'à récemment l'Europe ne figurait pas à l'avant-garde de cette nouvelle tendance ». Quatre pays appliquent désormais un système de quotas gravé dans la législation (Belgique, France, Slovénie, Espagne) et quatre autres ont mis en place des quotas volontaires (Allemagne, Pologne, Suède et Royaume-Uni). Pour Mme Dahlerup, les différentes formes de quotas, sans tout résoudre, constituent clairement « un catalyseur du changement ». Le rapport montre que les quotas ont conduit dans certains cas à des augmentations « remarquablement rapides » de la représentation des femmes, mais aussi à des déceptions lorsqu'ils sont mal adaptés au système électoral. La Suède, meilleure élève de l'Europe, compte plus de 47 % de parlementaires femmes. Mais la Finlande, qui n'a elle aucun quota, la talonne de près.

