La première raison tient à la prestation de l'Irlande sur le XV de la Rose. Un peu à l'image de ses deux autres rencontres, la formation de Declan Kidney a surtout profité des faiblesses adverses. Si la France avait péché dans le combat et l'Italie dans le réalisme, pour l'Angleterre, ce fut la discipline. Ronan O'Gara (2 sur 6) n'en a pas vraiment profité mais peu importe. L'essentiel reste le succès. « Une victoire d'un point contre les Anglais, on sera toujours preneurs », avoue d'ailleurs Brian O'Driscoll. C'est toujours difficile de les battre et nous avons encore pu le vérifier ».
Une défaite en 26 ans à Cardiff
Mais si les Irlandais ne se voient pas encore soulever le trophée, c'est parce que certaines blessures ne sont pas refermées. Donnés favoris en 2006 et 2007, ils ont dû se » contenter » de la Triple Couronne suite à des défaites devant la France. Après une Coupe du monde ratée et un tournoi 2008 très moyen (2 victoires), on pensait la génération dorée irlandaise incapable de se mêlée à la lutte cette année. Apparemment non. « Rien n'a changé pour nous pourtant, tempère O'Driscoll. Et on respectera l'Ecosse comme on l'a fait avec les autres équipes. Ce n'est jamais facile de gagner à Murrayfield ».
Au-delà de Murrayfield, c'est bien vers Cardiff que tous les regards se tournent déjà. Le 21 mars, l'Irlande y disputera peut-être le grand chelem, tout du moins la victoire, face aux champions d'Europe. Un dernier obstacle qui ne semble pas insurmontable depuis que le pays de Galles est tombé de son piédestal. « Tout le monde peut battre tout le monde dans ce Tournoi » reconnaît même O'Driscoll.
Et si on lui rappelle en plus que l'Irlande ne s'est inclinée qu'une seule fois depuis 1983 dans la capitale galloise (9 victoires, 1 nul et 1 défaite en 2005), le capitaine irlandais ne peut plus se cacher. Mais chut...

